La JA Vichy, saison 2009/2010

Cinquième année du blog, et toujours en ProA : « jusqu'ici, ça va ! » Du coup, on peut se prendre (un peu) au sérieux...

22 décembre 2009

Le Patro Enchaîné = le blog ? Ben voyons !

Tout le monde en parle dans le Landerneau javiste, et il y a aujourd'hui deux catégories de gens : ceux qui l'ont déjà eu entre les mains, et les autres, de moins en moins nombreux chaque jour. Je parle bien entendu d'un « Petit journal bi-annuel satirique et effronté d'informations J.A.V. », intitulé « Le Patro Enchaîné ».

C'est le buzz de la fin d'année ! Une feuille de chou anonyme, recto verso, au format A3, et rédigée par un mystérieux trio nommé « Les trois mousquetaires supporters javistes », a été expédiée à « tous les amis de la JAV, supporters, sponsors, institutionnels, joueurs. » Bon, je ne saurais dire à quel titre je l'ai reçue moi aussi lundi dernier au courrier et entre nous, peu importe. Par ailleurs, ne soyez pas vexé si vous pensiez légitimement faire partie d'une des catégories précitées et que vous ne l'avez pas reçue, car de nombreux exemples montrent qu'il y avait semble t-il pas mal de « trous » dans le fichier des ces mousquetaires là. Après avoir lu le Patro Enchaîné, je me suis immédiatement interrogé quant à l'opportunité ou non de l'évoquer immédiatement sur ce blog.  Toutefois, sachant que devait se tenir une réunion de JAVentreprises le jeudi suivant, j'ai pris le parti de laisser la primeur de la réaction à Jean-Christophe Jonon, qui - à tout seigneur tout honneur - était le principal mis en cause dans cette publication. Laissons-lui donc la parole.

La réaction de JC Jonon

Il aurait pu n'en souffler mot, choisir le mépris. C'eût été une option.  Mais elle aurait fait long feu, et pour deux raisons. D'abord parce que, d'un certain point de vue, le « mal » était déjà suffisamment répandu pour que le silence soit une réponse adaptée à la situation. Ensuite, parce que ce serait mal connaître l'homme, qui a choisi au contraire de contre-attaquer. Et de fait, loin d'en minimiser l'impact, il a choisi d'affronter frontalement les conséquences et les remous entraînés par la diffusion de cette feuille, allant même jusqu'à faire distribuer à ceux qui ne l'auraient pas reçu un exemplaire photocopié du Patro Enchaîné. Bref, un certain panache teinté d'humour dont on n'est nullement surpris de sa part.

Qu'a dit JC Jonon aux partenaires de JAVentreprises ? En substance, après avoir succinctement résumé le contenu du Patro, il a déploré - le mot est faible - la bassesse des attaques dont lui mais également d'autres avaient fait l'objet, en stigmatisant notamment l'effet déstabilisant que ce type de document pouvait faire naître au sein et autour du club. Il a également lu un communiqué de l'Association du Kop des Dragons, par lequel ses membres tenaient à préciser sans ambiguïté qu'ils n'entendaient en aucune manière être associés à cette démarche, quelle que fut la ressemblance entre le dessin qui orne le journal et leur propre logo. Il a tenu par ailleurs à rappeler que ses rapports avec le coach, s'ils ont connu des périodes difficiles l'an dernier, étaient et ont toujours été fondés sur le respect mutuel et le professionnalisme. Il a poursuivi en rappelant que, pour autant qu'il serait à la tête du club, il maintiendrait toujours le cap comme il l'avait fait depuis « 14 ans » (sic), et enfin, il a expliqué que, tant par la nature des idées que la teneur des propos exprimés dans cette publication, il avait acquis l'intime conviction que ses auteurs étaient des proches du club... que par ailleurs, il pensait bien avoir identifiés. Une intervention fortement applaudie par la salle, quelques partenaires allant même jusqu'à se lever pour marquer leur pleine approbation. Voilà pour le décor de la réunion de jeudi. Voyons maintenant au juste de quoi il est question.

De quoi s'agit-il ?

Que nous raconte donc le Patro Enchaîné ? Essayons, à l'intention de ceux qui n'en ont pas encore eu un exemplaire entre les mains, de faire une petite fiche de lecture, manière d'analyse du fond et de la forme, en commençant déjà par dissocier les faits d'une part et les commentaires d'autre part. 

Les faits. Premier constat, le journal nous livre bien quelques éléments factuels, mais très peu. Quelques (petits) épisodes peu glorieux de la vie interne du club sont portés à la connaissance des lecteurs, mais bon, il faut bien reconnaître que le microcosme javiste n'ignorait pas grand chose de ce qui a été « révélé », et que les mousquetaires javistes sont encore assez loin du célèbre duo Woorward-Bernstein qui contribua à faire chuter Nixon en 1974 ! En effet, tout ça sent le réchauffé et le fond reste assez pauvre, pour ne pas dire plus... En même temps, c'est vrai qu'on peut faire pas mal de mayonnaise avec un seul jaune d'oeuf, alors bon, on nous ressert comme autant de scoops quelques unes des réactions épidermiques ou autres anecdotes qui se sont déroulées la saison dernière.  Mais bon, plus que les faits eux-mêmes, c'est surtout la mise en perspective, la façon dont ces épisodes sont présentés et commentés qui constitue la ligne directrice - éditoriale, on va dire -  du journal.

 

Les commentaires, maintenant. Hormis la révélation de ces quelques faits divers relatifs à la vie du club, le Patro Enchaîné multiplie les jugements de valeur et les attaques personnelles, distribuant à l'envi bons et surtout mauvais points, sur le recrutement, les résultats sportifs, le coach, les dirigeants, les joueurs, et j'en passe. Il y a pas mal de règlements de comptes, et en vérité tout le monde ou presque en prend pour son grade : les joueurs (américains si possible), le staff, les administrateurs, Vincent Ferry, le responsable commercial et enfin - et surtout - le président Jean-Christophe Jonon. Seul le coach Jean-Louis Borg trouve grâce aux yeux du Patro.

 

Je ne reviens pas dans le détail des articles, chacun jugera sur pièces. Mais autant dire que c'est une bien pauvre littérature et qu'à la fin de la lecture, on a bien compris que les rédacteurs n'ont pas, mais alors pas du tout, le même point de vue que les dirigeants actuels de la JAV. Peut-être est-ce dans le souci d'être bien compris ? Toujours est-il que le journal présente à ses lecteurs une vision bien manichéenne, avec de vrais méchants qui sont très méchants - et toujours méchants quoi qu'ils fassent - et quelques gentils que les auteurs saluent bien bas au passage. Une vision digne des westerns des années cinquante, quoi. Toute en nuances...

Sur la forme, chacun l'aura bien compris avec le titre, le journal affiche l'ambition d'une parentèle avec le Canard Enchaîné, ce qui est - à mes yeux tout au moins - un cousinage a priori tout aussi respectable que sympathique. Sauf que voilà : il ne suffit pas de copier la forme du Canard pour s'en attribuer le bec et les plumes. D'ailleurs, vu l'anonymat des auteurs du Patro, c'est plutôt du Masque et la Plume qu'il devrait s'agir, mais passons !

Alors oui, on a bien compris que la critique se voulait féroce. Est-elle pour autant efficace ? Même pas. Et pourquoi donc ? Simplement parce que ce qui est excessif n'a aucune importance, aucune valeur, aucune force. Car c'est une chose de taper fort, c'en est une autre de taper juste, n'importe quel tailleur de pierre vous le dira. Taper juste, ça veut dire ne pas ressortir du placard des affaires vieilles d'il y a un an et que tout le monde a heureusement oubliées. Il faut savoir passer à autre chose. Taper juste, ça veut dire par exemple qu'il n'est pas très cohérent d'encenser le coach tout en stigmatisant le recrutement, comme si les deux n'étaient pas un tout petit peu liés. Taper juste, ça veut dire ne pas faire semblant d'ignorer que le recrutement de la JAV est réalisé avec les moyens de la JAV. Taper juste, ça veut dire ne pas s'attaquer à des personnes mais plutôt des actes précis, et avec, tant qu'à faire, un minimum d'argumentation à l'appui des critiques qui sont formulées. Taper juste, ça veut dire ne pas tomber dans la caricature et la déformation systématique des propos, des attitudes, etc.

Le Patro Enchaîné fait sien le célèbre aphorisme de Beaumarchais, devise du Figaro qu'il a (bien mal) recopiée sous son titre : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. » Mais cette devise, on pourrait tout aussi bien lui retourner ainsi : « Sans la capacité d'honorer, il n'est point de critique crédible. » Et si on pardonnera volontiers aux auteurs leurs (grosses) carences orthographiques qui n'ont pas ici une trop grande importance, on regrettera que ces derniers aient oublié qu'il existait une différence majeure - colossale - entre le Canard et le Patro : la crédibilité.

Sur la méthode, enfin. L'anonymat. D'un certain point de vue, je peux le comprendre, je m'en expliquerai plus loin. L'anonymat peut même être est une source de force - dans 1 % des cas - mais il constitue en réalité une source de faiblesse... dans 99 % des cas. En effet, pour qu'un propos anonyme puisse avoir un quelconque impact, il faut qu'il bénéficie tout à la fois de la pertinence et de la crédibilité, en plus de l'existence d'un lectorat qui serait disposé à considérer le fond du propos sans être obnubilé par la personne de l'auteur. On se rappelle ainsi par exemple que les ouvrages de Caton publiés en 1983 avaient bien plus défrayé la chronique que s'ils avaient simplement été écrits par André Bercoff. Voilà pour le 1% des cas... restent les autres situations.

Car voilà, faute des conditions précitées, force est de constater que l'anonymat affaiblit considérablement le propos, même s'il autorise tous les excès : on se lâche, on se fait plaisir, on sait qu'a priori on ne risque rien donc on dit tout. Et surtout n'importe quoi. On tombe dans le panneau des pires abus qu'autorise l'impunité, les attaques personnelles et autres moqueries, les surnoms, parfois amusants voire sympathiques, mais pas toujours. Par exemple, le président assume très bien le « Zorro » qui a bercé son enfance [NDLR : moi aussi ! C'est même l'un des tous premiers mots que j'ai écrits. Sur le mur de ma chambre, au feutre, à la grande joie de mes parents émerveillés] et Vincent Ferry ne semble nullement traumatisé au sujet du charmant « Ratatouille ». A l'inverse, je ne suis pas sûr que les « pantins » administrateurs auront apprécié le qualificatif. On les comprend.

En résumé, l'anonymat, façon Patro Enchaîné, ramène tellement à des heures sombres que ce journal est disqualifié avant même que d'être lu. D'ailleurs, la meilleure preuve en est qu'au cours de la réunion JAVentreprises, personne, absolument personne, n'a parlé du fond. On peut donc en conclure et résumer en disant que le Patro Enchaîné n'est qu'un pétard mouillé, et qui en plus ne sent pas très bon. Comme disait le très regretté Pierre Desproges [NDLR : au sujet du journal Minute] : « C'est un journal avantageux ; tenez, au lieu de vous emmerder à lire tout Sartre, vous en achetez un exemplaire et pour moins de dix balles, vous avez à la fois la Nausée et les Mains Sales ! »

Les conséquences

Une attaque aussi basse, grossière, maladroite, brouillonne, caricaturale, etc. ne pouvait que discréditer ses auteurs, on l'a vu. Et le président JC Jonon n'a pas eu finalement pas eu à forcer outre mesure son talent d'orateur pour renvoyer le Patro Enchaîné dans des limbes desquels il serait surprenant qu'il ressorte un jour. Un simple tomoe nage [NDLR : la « planchette japonaise » chère au judokas] et hop, voilà les opposants qui se retrouvent cul par dessus tête, couverts d'opprobe. Car face aux partenaires de JAVentreprises, ce n'était plus une victoire pour le président, c'était un triomphe !

Et pour dire les choses autrement, si les auteurs du Patro avaient voulu conforter le président, son staff, les administrateurs et tutti quanti dans leurs fonctions et dans leur mode de fonctionnement, eh bien ils ne s'y seraient pas pris autrement. Drapé dans sa dignité, mettant en avant ses 27 années au service du club et ses « 14 ans » de présidence, JC Jonon, durant toute la soirée, a recueilli toutes les marques d'allégeance et de sympathie outragée possibles et imaginables de la part de ses plus fidèles et indéfectibles soutiens. Un grand moment d'humanité en vérité... Il est vrai que la fin de son discours avait été saluée par quelques vociférations haineuses à l'encontre d'un journal que tout le monde a fini par qualifier de « torchon », avant que ne commence - enfin ! - la chasse aux coupables. Ou aux sorcières, si vous préférez. Il faut dire que - faute de Daniel Goutille, déjà présent à Strasbourg pour le match de la JAV - c'est JC Jonon lui-même qui avait embouché la trompe de chasse pour sonner l'hallali, en annonçant à tous qu'il avait reconnu à coup sûr l'instigateur de cette attaque. Il n'en fallait pas tant pour que courent les rumeurs et les palabres au sein de l'assemblée. Jusqu'alors le président avait, de mon point de vue, commis un sans faute. Mais pourquoi a t-il eu besoin d'ajouter ça ? C'était sans doute plus fort que lui. Que sa conviction soit faite semble plus que probable mais l'exposer aux yeux de tous l'oblige à désigner le ou les coupables. Et dans ce cas là, il conviendra qu'il s'en ouvre avec la ou les personnes intéressées. Il m'est avis que ces quelques mots prononcés publiquement, il lui va falloir les gérer. Mais ça, c'est son problème après tout...

 

Pourquoi ?

 

Qu'est-ce qui a bien pu susciter la parution d'une telle publication ? En d'autres termes, pourquoi un journal qui déverse tant de haine à l'endroit des  dirigeants de la JAV, leur président en tête, est-il sorti aujourd'hui ? Il me semble que c'est une excellente question, qu'on peut tout aussi bien ne pas vouloir se poser, ce qui évite évidemment d'avoir à la résoudre. Néanmoins, ceux des lecteurs du blog qui veulent bien se donner la peine d'essayer de réfléchir, pourront discerner quelques pistes de réflexion utiles. Le Patro Enchaîné semble révéler en effet l'existence d'un malaise, une forme de rupture, qui semble t-il n'était pas discernable il y a seulement deux ou trois ans. Certes, nul n'ignore que la croissance et le développement d'une structure - quelle qu'elle soit, une entreprise ou un club sportif - s'accompagne inévitablement de ce genre de déchirements, donc il n'y a là rien que de très normal en somme. Mais n'aurait-on pu - à défaut de les éviter - atténuer ces déchirements, et comment ?

Personne ne peut nier aujourd'hui que l'image de l'« hyper président » utilisée par le Patro Enchaîné est plutôt bien adaptée pour ce qui concerne la JAV.  Car il ne faut pas se voiler la face : les structures sont d'abord et avant tout ce que les hommes en font et il n'est pas besoin d'être un expert de la politique pour constater par exemple que le Premier Ministre de Jacques Chirac n'a pas le même rôle que le Premier Ministre de Nicolas Sarkozy. Or, chacun sait que la JA Vichy ne repose que sur quelques hommes clés, quand ce n'est pas sur un seul homme. Et c'est un peu là le problème.

Et même si la plupart des attaques du Patro sont assez minables, elles reposent tout de même sur un fond de vérité. Sinon, derrière la caricature, on n'aurait pas reconnu grand monde... Dès lors, je n'ai pas de mal à imaginer que d'aucuns aient pu avoir des pensées dissidentes, voire séditieuses, les poussant à créer un journal anonyme tel que le Patro Enchainé. Chacun son truc, chacun sa façon de voir. Pour ma part, je ne connais pas le ou les auteurs du Patro Enchaîné et j'ai choisi d'exprimer mes pensées sans me cacher, j'espère que ce n'est pas un crime. Encore que...

 

 

 

Ce que j'en pense

Car revenons-en à la réunion JAVentreprises. A l'issue du discours du président, voilà que je suis questionné, voire même - impression bizarre ! - presque sommé de donner mon avis, et surtout de me positionner sans ambiguïté ni délai par rapport au Patro Enchaîné. Car tout à coup, un malaise s'est installé : certaines attitudes, certains regards se font un peu distants, voire presque hostiles... Les coupables, à défaut d'avoir été nommés, ont été désignés et identifiés. Déjà les couteaux sont tirés. Et dans un tel climat d'épuration, il convient de faire passer au plus vite des messages permettant à certains de mes interlocuteurs de savoir si je suis ou non encore fréquentable. Tout le monde se jauge, évalue, suppute... avec le sourire, une coupe à la main. L'hypocrisie suinte par tous les pores... Voilà une belle réussite pour les auteurs du Patro Enchaîné !

Mais en quoi suis-je concerné par le Patro et pourquoi et comment devrais-je être mélé à ça, au juste ?! Mais, c'est facile à comprendre, pardi ! Voyez le « raisonnement » : 1) les articles que j'écris sur le blog contiennent des critiques, donc déjà à la base, c'est forcément suspect, surtout au pays de « oui-oui » ; 2) Le Patro Enchainé est un torchon écrit par des personnes méprisables identifiées comme proches du club ; 3) Certaines des critiques du Patro reprennent quelques unes des miennes et on peut me considérer comme proche du club. CQFD ! Le Blog et Le Patro Enchaîné, même combat. Donc : même motif, même punition. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! Sauf erreur de ma part, on appelle ça un syllogisme. Bon, et puis en plus, il faut bien dire que je n'y mets pas du mien pour chercher à dissiper les soupçons, dans la mesure où je me refuse comme d'aucuns à basculer dans la harangue, à hurler avec les loups et brandir ma fourche au milieu de la foule déchainée qui veut lyncher au plus vite ces mousquetaires qui sont désormais dans le collimateur présidentiel. Désolé, j'aime bien réfléchir avant d'agir ou de parler, et je ne changerai pas.

Alors, qu'est-ce que je pense de tout ça, cher lecteur ? Si à ce stade tu n'as pas abandonné la lecture de cet assommant article, c'est que ça t'intéresse de le savoir, je suppose. Alors voilà :

Soyons clairs, la personne de JC Jonon est objectivement une chance pour la JAV. Passionné, honnête, dévoué, compétent, dynamique, désintéressé, il déploie au service du club un temps et une énergie qui... tiens, permettraient d'alimenter en électricité la commune de Biquechat-lès-Gribouille (ou Muffloin-la-Faluche si vous préférez...) pendant au moins une année ! Ceux qui aiment la JAV ne peuvent que s'en féliciter et le remercier. Mais alors, pourquoi se plaindre ?

Peut-être parce que malgré toutes ses qualités, un homme reste un homme et peut-être parce que certains - dont votre serviteur - se méfient et se méfieront toujours des dérives d'un pouvoir trop concentré et surtout non partagé, non délégué. L'Histoire regorge suffisamment des tels exemples pour qu'il ne soit pas nécessaire d'illustrer davantage mon propos. Parce qu'un président qui gère tout de A à Z et depuis des années accumule entre ses mains tellement de pouvoir(s), de savoir(s), de connaissance(s), de compétence(s) et joue un rôle si important dans la structure qu'il pilote que celle-ci ne peut plus se passer de lui. Et d'ailleurs, j'ai bien peur que la dépendance soit devenue totalement réciproque, mais ceci est une autre histoire et n'est absolument pas mon problème. En tant qu'ami de la JAV, je souhaite que les Dieux préservent notre président de toute atteinte physique ou tout autre cause qui l'empêcherait brutalement d'exercer ses fonctions, car son successeur devrait alors repartir de zéro ou presque. Et pour que les choses soient définitivement claires et sans ambiguïté, je souhaite vivement que JC Jonon reste à la tête du club, pour tout ce qu'il a apporté, ce qu'il apporte et ce qu'il continuera d'apporter à la JAV.

Toutes ces choses là et quelques autres, j'ai eu l'occasion de les lui dire en tête à tête au cours de deux déjeuners que nous avons eus au mois de juin dernier. Cinq heures de discussion très enrichissantes, de mon point de vue tout au moins. Il en ressort que je reste convaincu que ce qui pose problème à la JAV n'est pas tant la question du « savoir-faire » du président et des dirigeants que celle de leur « faire savoir ». Mais la difficulté que je ressens - je n'ose écrire l'incapacité - à déléguer, à communiquer, à s'ouvrir aux idées des autres... peut ne pas convenir à tous même si à l'évidence elle satisfait le plus grand nombre. Là était probablement notre principal point d'achoppement. Et on peut comprendre qu'à la longue, cette attitude puisse susciter l'agacement, voire l'hostilité de quelques uns. On peut vouloir ignorer la question, ne pas vouloir en tenir compte. Ou on peut essayer - je l'ai fait, hélas sans succès - de jouer les « messieurs bons offices » pour tenter de rapprocher des points de vue qui s'étaient déjà peut-être trop éloignés...

Peut-être ne faudrait-il que peu de chose pour améliorer un peu plus le fonctionnement de la JAV en matière de transparence, d'ouverture, de communication ? Il y a bien sûr ce que je pense moi-même mais il y a ce qu'on me dit, les choses que j'entends ici et là, mon statut de blogueur me plaçant au carrefour de pas mal de confidences. C'est ce que j'ai dit au président. J'ai posé des questions relatives à des exemples précis - des choses qui n'ont pas été ni ne seront écrites sur le blog - concernant la gouvernance du club, j'ai essayé d'émettre quelques suggestions, de faire quelques propositions...

Ce que je pense, c'est que le modèle de gouvernance de la JAV, fondé sur la détention exclusive du pouvoir entre les mains d'un seul homme, quel qu'il soit, ne me rassure pas quant à la pérennité du club en cas de problème. Ce que je pense, c'est que la culture de l'opacité et de la solitude dans la gestion des affaires et des prises de décision dans tous les domaines, peut conduire à des questionnements légitimes de la part de certaines des personnes qui contribuent financièrement, année après année, au bon fonctionnement du club. Ce que je pense, c'est qu'il est faux et injuste de dire - et faire dire - que toutes les questions et les problèmes soulevés sur ce blog n'ont aucune pertinence, et ne méritaient pas d'être posés. Ce que je pense, c'est que le blogueur est devenu depuis quelques mois une cible sur laquelle il est confortable de taper et qu'il est d'autant plus facile d'ostraciser que lui n'a jamais pris le parti de masquer son identité. [NDLR : Comment s'étonner alors que les auteurs du Patro aient choisi l'anonymat ?!]

Et à l'instar du président qui n'a pas caché qu'il avait été atteint par les critiques du Patro Enchaîné, j'avoue à mon tour que j'en ai plus qu'assez de cristalliser sur mes seules épaules les rancœurs et le ressentiment de tous les partisans inconditionnels du fonctionnement du club, tout comme je n'ai nullement vocation à devenir le porte-parole de tous ceux qui ne pensent pas exactement comme le président du club. Comme si j'étais le seul à détenir le monopole de la pensée ! On est même allé jusqu'à me dire que certaines idées - lesquelles ?? - émises dans le Patro Enchaîné ne pouvaient venir que de moi, les auteurs étant visiblement trop bêtes pour les avoir eues eux-mêmes ! Décidément, on ne prête qu'aux riches, et en plus c'est tellement facile... C'est consternant d'aveuglement. Et parce qu'enfin l'écriture de ce blog, qui fut longtemps un réel plaisir, devient maintenant une corvée, chaque mot, chaque tournure, devant plus que jamais être lue, relue, disséquée et soupesée avant publication.

Alors oui, j'ai parfois essayé de faire entendre une différence, oui, j'ai osé mettre en avant quelques désaccords avec la voix officielle, oui, je me suis parfois trompé dans mes jugements, dans certaines de mes prises de position. Je n'ai pas toujours eu raison. Mais et je ne crois pas avoir affaire à quelqu'un qui soit en reste sur ce plan - à ceci près que les paroles s'envolent (et s'oublient) et ques les écrits restent, mêmes des années plus tard - et je ne crois pas toujours avoir eu tort non plus. Et quoi qu'il en soit, j'ai toujours fondé mon point de vue honnêtement, sur des arguments construits et respectueux des personnes, avec le désir sincère de faire avancer les choses. J'ai cette curieuse particularité de pouvoir trouver des qualités à des gens que je n'apprécie guère et des défauts à des gens que j'aime beaucoup, j'essaie de voir les actes et leur portée avant que de voir les hommes qui les accomplissent. Certes, je suis loin de tout savoir de ce qui se passe à la JAV, mais il se trouve que  j'en sais tout de même un peu. J'ai très souvent choisi de ne pas évoquer de nombreuses choses qui fachent, essentiellement par souci de ne pas nuire au club et à son fonctionnement, même si je suis loin d'en partager toutes les modalités. Mais bon, à défaut d'avoir été entendu, je pourrai au moins dire que j'aurai parfois été - un peu - écouté.

Voilà. Ma contribution à ce blog prend fin. Ca me fera des vacances et ça fera un souci de moins pour le président, qui n'aura plus besoin, comme il l'a fait à plusieurs reprises ces derniers mois, de répondre directement et en public aux articles du blog par le biais de messages même pas subliminaux, que ce soit lors de discours d'après match, de réunions JAVentreprises ou même lors de l'assemblée générale des actionnaires de la JAV.

De ce point de vue là, le blog lui manquera. Surtout si c'est le Patro Enchaîné qui prend la relève...

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18 décembre 2009

Journée 12 : D-Fence ou la clôture (trouée)

Dfence Depuis une vingtaine d'années, les fans américains, tous sports confondus, se plaisent à arborer un D accolé à un bout de clôture (fence en anglais). Ce symbole imagé aurait été inventé par un doux dingue des équipes de Seattle (ex-Sonics en NBA,  Seahawks en NFL , Mariners pour le baseball...). Un jour de 1984, Lorin Sandretzky alias Big Lo voulait innover dans le supportérisme en mettant en valeur la défense, facteur clé du sport de haut niveau. Bien plus qu'un gadget, la barrière est une concrétisation de l'engagement physique d'un groupe autour d'une valeur collective.

« L'attaque fait lever les foules, tandis que la défense fait gagner les titres. »
Derrière la citation Jordanesque utilisée à tort et à travers, il faut bien constater, n'en déplaise à certains techniciens voisins, que la défense rend de précieux services.  A Vichy, le D est dans le vocabulaire courant depuis quelques saisons, c'est même  devenu sa force et son identité. La JAV sans défense, c'est un peu comme les Bulls 96-98 sans Rodman : un paysage imparfait. A Strasbourg, l'adage est tout autre. Plus par contrainte que par choix, la SIG met l'accent sur l'attaque et a lancé une opération portes ouvertes depuis le début de la saison. Résultat : la pire défense du championnat avec 85,3 points encaissés par match. Une petite équipe plutôt en forme face une grosse assez mal en point : le constat est le même que face à Nancy. Après avoir vaincu le champion 2008, c'est le lauréat de l'année 2005 que la JAV s'en va défier.

Strasbourg, ses cigognes, sa Petite France et ses clubs sportifs en soins intensifs.  Côté parquet la SIG, sans système immunitaire, pointe à une guère reluisante 14ème place (3v 8d) et sur le rectangle vert, le RC Strasbourg  dépérit en fin fond de Ligue 2. Si les situations des deux entités sont totalement différentes, la nature des résultats les rapprochent. Auteurs d'un début de saison catastrophe, les Sigmen attendent la cinquième journée pour décrocher leur premier succès (à Rouen 80-71). Même si le calendrier n'était pas favorable avec Le Mans, Nancy, l'ASVEL et Le Havre lors des quatre premières journées, nombreux pensaient la SIG capable de prendre une place pour la semaine des As. La marche était peut-être trop haute pour une équipe construite sur le tard.

Avec des départs (Rush, Obasohan,Lewin, Allen) pas vraiment compensés, Strasbourg navigue à vue sur les premiers matchs. Fin novembre : la tuile. Alain Digbeu, alors sauveteur en chef (11pts, 11 d'évaluation sur 8 matchs) du collectif rouge et blanc, se blesse à l'épaule. C'est le moment que choisit le staff alsacien pour faire signer coup sur coup le belgo-congolais Wen Mukubu (#4) (en pige de six semaines) et l'Américain Anthony Roberson (#11) qui remplace numériquement un Terrel Harris bien décevant. Depuis ces retouches, le bilan est partagé avec une victoire face à une JDA Dijon totalement désunie (101-73) et une leçon défensive - encore une - reçue la semaine dernière à Orléans (99-71).

Également engagé sur la
scène européenne, dans la petite Eurochallenge, Strasbourg affiche un bilan équilibré (2v 2d). Cette semaine, en déplacement à Chypre chez l'Apoel Nicosie - là même où la Jav s'était imposée la saison passée - les strasbourgeois ont été battus sur le fil (85-83 a.p). Un revers au goût amer pour le technicien alsacien Frédéric Sarre qui estime avoir été quelque-peu « lésé » par un arbitre grec partisan (voir article).

Une Situation Intrinsèquement Grave ?

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Septième attaque de ProA avec 78pts, troisième aux dunks, Strasbourg Illkirch-Graffenstaden est aussi le leader en terme d'adresse longue distance (41%). Où est donc la faille ? Dans la raquette pardi ! De l'autre côté du terrain, la SIG est l'équipe qui capte le moins de rebonds de toute l'élite (29 prises/match). Le trio d'intérieurs Sacha Giffa (#13), Ben McCauley (#10) et David Simon (#14) est visé. Le premier, ancien international tricolore, connait une saison délicate. A 32 ans, le moscovite de naissance est en nette régression statistique avec 5 points, 3 rebonds et  2 balles perdues de moyenne en 22 minutes. Pour Ben Mc Cauley, l'indulgence est de mise. Tout juste sorti de North Carolina State, ce jeune ailier fort compile 10 points, 5 rebonds et 1,5 interceptions pour 12,5 d'évaluation. Le problème à la SIG, c'est qu'il n'y a qu'un seul pivot de métier, David Simon. Solide mais pas athlétique pour deux sous, il se démène tant bien que mal pour compenser le manque de verticalité de son équipe. Avec 11 points, mais seulement 3 rebonds et 1 contre (pour 12 d'évaluation), l'ancien dijonnais est bien trop seul pour sécuriser la raquette.

Dans les autres secteurs du jeu, Strasbourg peut surprendre. A la mène, Fred Sarre mise sur un duo 100% frenchy avec la révélation de la dernière saison, Thomas Heurtel (#5). Embarqué dans le désastre palois, le jeune meneur a su tant bien que mal tirer son épingle du jeu et attirer l'œil des  recruteurs. C'est l'ASVEL qui a décroché le gros lot en le faisant signer pour trois ans avec l'intention de le  prêter la première année. Le MVP Espoir traverse donc la France en diagonale pour rejoindre Strasbourg. A 20 ans, ce pur talent offensif réalise un bon début de saison avec 10 points, 1,5 interceptions, 4,9 passes et 2,6 balles perdues pour 10,4 d'évaluation. Pour le relayer, le coach alsacien a gardé son joueur fétiche, Steeve Essart (#7). Meneur gestionnaire, il compile pour l'instant 4,2 points et 2,3 passes.

A l'arrière, exit Harris et bonjour Anthony Roberson (#11). Ce NBAer aguerri (65 matchs entre Memphis, Golden State, New York et Chicago) arrive avec l'étiquette du joueur pompier chargé d'éteindre les flammes de l'incendie naissant. En deux matchs, il montre qu'il sait scorer (21 puis 14 points) en étant adroit (7/17 à 3pts) sans pour autant croquer le ballon. Nul doute que David Mélody, prophète du "D" clôture se chargera  de l'ancien taureau de Chicago. En lieu et place d'Alain Digbeu convalescent, c'est Wen Mukubu qui se charge de l'intérim. Pour son unique match face à Orléans, il aura été le meilleur rebondeur (6 prises) et passeur (4 assists) de son équipe. Un renfort qui peut s'avérer intéressant pour une équipe sans vrai liant collectif. En bout de banc, Issife Soumahoro (#8)  est apparu à cinq reprises sur le parquet.

Sur les ailes, Tremmell Darden (#12) dispose du plus gros temps de jeu de l'équipe. Avec 33 minutes de moyenne, le double champion de Belgique avec Charleroi est le stabilisateur (si stabilité il y a) de la SIG. Les chiffres parlent pour lui : 15points, 6 rebonds, 2 interceptions, 2 passes pour 17 d'évaluation. En rotation, Elson Mendy (#6) fait figure d'éternel espoir. Joueur du cru, il ne pèse pas réellement sur le jeu des hommes du Rhénus avec 4,6 points et 1,8 rebonds en 11 minutes de jeu.

Que faut-il attendre de la SIG ? Des points, c'est presque sûr. Une défense ? C'est l'interrogation du week-end. Face à une Jeanne D'Arc souveraine à l'intérieur, Strasbourg devra s'armer de courage et patience pour faire vaciller l'incarnation défensive : Dounia Issa. « Spécimen unique »  pour BasketNews  cette semaine, le Jim Bilba javiste  pourrait encore une fois faire de étincelles et éventrer un peu plus la petite barricade alsacienne. Le "D"  sera encore une fois la clé !

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14 décembre 2009

Adversité

4521L'adversité est un excellent révélateur du caractère des hommes. Face aux épreuves et aux vents contraires, certains se rebellent et luttent comme ils le peuvent, d'autres se recroquevillent ou souffrent en silence, d'autres encore cherchent des boucs émissaires. C'est selon les personnes et les situations...

Eh oui ! Les périodes difficiles sont d'excellentes occasions - dont on se passerait bien, mais bon, on a rarement le choix ! - de mesurer ce que les hommes ont « dans le ventre ». Et samedi soir, on en a eu une belle illustration avec le comportement des joueurs de la JA Vichy, qui auraient pu baisser pavillon face à un adversaire qui, bien qu'usé par la répétition des matchs, leur était pourtant supérieur. A plusieurs reprises, les jaune et vert auraient pu laisser filer une rencontre que peu de gens leur auraient reproché d'avoir perdue, mais quand on a affaire à des compétiteurs comme les hommes qui composent le cinq majeur qui défend nos couleurs, on peut être sûr que ces gars là ne lâcheront rien. Et donc, en plus d'avoir fait honneur à leur maillot, ils ont offert à tous ceux qui les aiment une superbe victoire pour le dernier match de l'année à Pierre-Coulon.

Et du coup, celui qui était dans le dur, c'était bien Jean-Luc Monschau, l'emblématique coach nancéen, pour la cinquième défaite d'affilée du SLUC, toutes compétitions confondues. A l'issue du match, il avait l'occasion de montrer l'image d'un entraineur capable de se remettre en question, de prendre le recul nécessaire, voire même (soyons fous !) d'aller jusqu'à saluer la victoire de ses adversaires d'un soir. Au lieu de ça, qu'avons-nous eu ? Une diatribe exclusivement centrée sur l'arbitrage, dite qui plus est sur le mode « victime expiatoire » avec un air de martyr qui aimerait tant, sans le pouvoir hélas, dire que le déroulement du match a constitué un scénario  que n'aurait pas renié Albert Spaggiari. Qu'on se comprenne bien, on sait que l'homme est matois et qu'il pourrait ne s'agir que d'une posture théatrale réservée à la presse, dans la même veine que celle d'un Jean-Marie Le Pen qui, il y a quelques années, s'était ostensiblement ceint le visage d'un baillon devant les caméras. Même pas : de retour vers le car sur le parking, le coach ne décolérait pas contre l'arbitrage.

Deux conclusions : d'abord il était sincère devant les médias, ce qui est tout à son honneur. Ensuite, si la seule chose qu'il a à dire sur le match de samedi se résume à ça, je ne suis pas sûr que le SLUC Nancy va s'en porter beaucoup mieux dans les jours qui viennent. Car enfin, même sans disposer de la compétence technique de l'aîné des Monschau, nous avons vu le même match et il nous semble tout de même douteux d'imputer une victoire acquise de 8 points sur ce seul paramètre. Alors c'est vrai, 15 fautes sifflées contre trois joueurs, c'est rare et ça met l'équipe en difficulté. Mais c'est toujours amusant de voir combien les riches poussent des cris d'orfraie quand l'adversité les conduit, exceptionnellement, à combattre avec les moyens des pauvres. Alors oui Monsieur Monschau, qui que ce soit, privé de son flingue - auquel on substitue un sabre de bois - se trouve plongé dans de grandes difficultés. Mais pour autant, était-il besoin de se comporter comme vous l'avez fait ? Sur ce coup, vous aviez l'occasion d'être droit - à défaut d'être grand -, vous futes tout petit...

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13 décembre 2009

JAV - Nancy (12/12/2009)

On peut appeler ça un match d'hommes ! D'hommes forts. Car en effet, il a fallu qu'ils soient forts, les javistes, pour venir à bout des nancéens. Ils l'ont été, ô combien !

Ils ont été forts quand il s'est agi de rester au contact alors que tout souriait aux visiteurs, avec notamment un Jeff Greer injouable dans le premier quart-temps où les lorrains ont pris jusqu'à treize points d'avance. Forts quand il a fallu entamer une lente et difficile remontée au score, pour recoller à 5 points à la mi-temps, rendant à nouveau possible un exploit pour lequel les hommes de Jean-Louis Borg s'étaient préparés tout au long de la semaine. Forts quand, après être pratiquement revenus sur les talons du SLUC au troisième quart-temps, ils voient leurs efforts presque anéantis par un shoot primé des visiteurs en fin de période, qui les renvoie à 4 points, annulant ainsi le bénéfice d'une remontée faite au courage. Forts quand enfin ils prennent l'ascendant au début du quatrième quart-temps, débuté sur un 9 -0. Et quand, après avoir compté jusqu'à dix points d'avance, ils voient leur capital se volatiliser en quelques instants, sur une série de trois tirs primés consécutifs, de Stephen Brun (2) puis Jeff Greer, il a fallu qu'ils soient très forts pour ne pas craquer, faisant au contraire craquer leurs adversaires au point de sortir les joueurs intérieurs les uns après les autres : Akingbala, Brun, Slaughter... out pour cinq fautes !

Alors bravo messieurs. Oui, cette équipe n'a guère de rotation, peu de réserves... mais bon, les joueurs alignés sur le parquet sont - depuis l'arrivée de Josiah James, par ailleurs confirmé jusqu'à la fin de la saison - revenus à leur meilleur niveau, tant individuel que collectif. Et quand trois joueurs all star aussi complémentaires sont ensemble sur le parquet, eh bien ça déménage !

Kareem Reid confiait à La Montagne qu'à 34 ans, il était dans la forme de sa vie. Il l'a prouvé avec un match de très haut niveau : 17 points, 11 passes et 10 fautes provoquées, auxquels on ajoutera, pour la bonne bouche, 5 rebonds et 3 interceptions... sans oublier également ces trois ou quatre ballons qu'on ne retrouvera pas dans les statistiques, sur lesquels il s'est jeté à terre, réussissant à chaque fois une passe qui tenait du miracle. Heureusement que la règle qui prévalait la saison dernière n'existe plus, celle qui considérait - bien à tort à mon avis - qu'une telle situation devait se traduire par un « marcher ». En attendant, il nous a encore gratifiés de quelques passes qui, pour aveugles qu'elles soient, n'en ont pas moins été lumineuses ! Des passes dont lui seul a le secret, d'authentiques passes décisives. Quel régal !

Pour finir, un petit mot sur Zach Moss. Est-ce le fait qu'il a enfin, en la personne de Josiah James, trouvé un opposant de qualité pour le travail à l'entraînement ? S'agit-il simplement d'un retour en forme bien légitime au vu des qualités qu'on lui connait ? Est-ce le fait que la présence d'une vraie rotation à son poste lui permet de souffler et de ne donner que le meilleur sur le terrain ? Peut-être les trois à la fois. Le résultat est que ce Zach là, dans le money time, n'est pas bon à prendre pour ses adversaires, tant il provoque des fautes et marque des paniers décisifs.

Et voilà maintenant la JAV qui, de la course dans le peloton des petits budgets, des mal classés, se trouve propulsée dans la course à... la Semaine des As, par la grâce de ces quatre victoires consécutives et avec la promesse d'un match en retard, à jouer à domicile contre Gravelines. Alors, passe t-on d'un excès à l'autre ? Hum ! Peut-être vaut-il mieux, selon la formule chère aux sportifs « prendre les matchs les uns après les autres » et voir ce qui se passera ensuite. J'espère qu'on ne m'en voudra pas si je m'attache avant tout à constater que cinq victoires, c'est quasiment la moitié du chemin qui conduit au maintien... Et pour l'heure, c'est probablement déjà, avec le plaisir de savourer le match de ce week-end, une satisfaction qui suffit à combler les supporters. Car sauf erreur, Nancy à Pierre-Coulon, c'était pas terrible ces dernières années, non ? Un peu comme Le Havre et Pau-Orthez.

Ah oui : ajoutons que la victoire fait d'autant plus plaisir que la réception de Nancy est, traditionnellement - en tous cas depuis la remontée en ProA, sauf erreur - LE match parrainé par la société Carauto et ses bruyants supporters. Ayons donc une petite pensée amicale pour Jean-Michel Coltrioli qui, avec la foi du charbonnier, n'avait pas hésité à braver une série de défaites jusqu'à hier soir !

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12 décembre 2009

Journée 11 : Nancy, ça déraille

trainA chaque match, le même refrain. Tchou-Tchou.  Vichy : « peu de talents mais des rebonds ». La JAV « des victoires acquises face à des promus ». La défense ? « Oui mais face aux grosses équipes ça ne passe plus ». Pour faire taire les sceptiques, la réception de Nancy, animal blessé, ogre qui n'a plus faim, apparait comme un vrai révélateur. Face à l'équipe la plus régulière de ces cinq dernières saisons (quatre finales et une demie), la Jeanne d'Arc a l'occasion de basculer dans la partie haute du classement.

Après une défaite surprise face à Poitiers en ouverture (73-77), les Couguars ont aligné six victoires en sept matchs (Strasbourg, Paris, Chalon, Rouen, Le Havre, Villeurbanne et un revers sur le fil face au Mans lors de la 5ème journée). Le SLUC, guéri, faisait alors figure d'épouvantail de la ProA. Faisait. L'imparfait est de rigueur quand on jette un œil sur les dernières prestations des lorrains. Quatre matchs, quatre défaites. En ProA, Hyères-Toulon (92-78) et Cholet (71-70) ont pris le meilleur sur les hommes de Jean-Luc Monschau. Sur la scène européenne, le constat est le même.  En Eurocup, les rouge et blanc sont tombés après prolongation face à Panellinios (81-72 a-p) puis aux Canaries contre l'actuel 10ème de la Liga ACB, Gran Canaria (77-65). La crise guette-elle les pensionnaires du palais des sports Jean-Weille ? Certainement pas en coulisses car à Nancy, c'est la confiance qui prime. Depuis le départ de Cyril Julian, l'âme de l'Est par excellence, les rênes de l'équipe ont changé de mains. Avec les frères Greer comme nouveaux gardiens du temple, le club du président Christian Fra est armé pour aller haut.

Pour les supporters et les observateurs, plusieurs secteurs du jeu paraissent pourtant problématiques.  La MVP-addiction façon Ricardo Greer (#14) est souvent mise en avant. L'ainé des Greer est un grand joueur de basket, c'est certain. Auréolé du titre de meilleur joueur du mois de Novembre, le dominicain est LE dépositaire du jeu nancéen. Incontestable et incontesté, il joue en moyenne 38 minutes par match et a disputé à sept reprises l'intégralité de la rencontre. La semaine dernière, moins en verve sur le scoring (6pts mais 15 d'évaluation) et totalement ciblé par la défense choletaise, il n'a pas su tirer son équipe vers le haut. Résultat, une défaite. En moyenne, le All Star, meilleur évaluation du championnat avec 22,9 pts, compile 16 points, 9 rebonds, 6 passes mais perd aussi 4 balles par match.

Les balles perdues, voila un deuxième accroc dans la mécanique bien huilée des habitués de Bercy. Trois hommes du cinq majeur figurent dans les 10 joueurs les plus dispendieux de ProA.  Marcus Slaughter (#11) pointe à la 5ème position (3,1 bp), Steed Tchicamboud (#13) accroche la dixième place (3 bp) et l'inévitable Ricardo Greer est deuxième. Face à Vichy, leader au classement des interceptions, cet élément statistique pourrait être une des clés du match.

Un remède à la Stockton ?

john_stocktonTroisième point noir du SLUC : la mène. Faut-il avoir un vrai meneur pour bien faire tourner le ballon (et l'équipe par extension) ? A cette interrogation aux réponses multiples, Nancy n'a pas vraiment tranché. L'an passé en Euroleague, l'absence d'un gestionnaire a été problématique.  Cette saison, avec les mêmes John Cox (#4) et Steed Tchicamboud, Nancy dispose de deux joueurs au profil d'arrière shooteur. Le premier est utilisé avec parcimonie cette saison. En 16 minutes, il inscrit 7 points et capte 2 rebonds. Le second, futur meneur de la sélection française au All Star Game, réalise de bonnes choses sur le plan comptable (11,8 pts, 4 passes pour 11,8 d'évaluation) mais peine toujours face à des meneurs agressifs en défense. Avec Kareem Reid en vis à vis, l'ancien choletais va devoir relever un sacré défi physique pour pouvoir imprimer son rythme. Pour palier ces difficultés, le staff nancéen comptait sur l'éclosion du jeune Saidou Njoya (20 ans). Le franco-camerounais, « handicapé » par un problème de naturalisation tardive n'a pas pu s'exprimer l'an passé, quota de joueurs étrangers oblige. Au tiers du championnat, le natif de Yaoundé a encore du mal a émerger (2pts en 7 minutes de jeu).

Sur les ailes, Jeff Greer (#9) a quant à lui un sacré problème de régularité. Avec 27% de réussite derrière l'arc, il n'est plus la menace extérieure qu'il pouvait être lors des précédents exercices. En moyenne, il cumule 8pts, 3 rebonds et 3 passes en 27 minutes passées sur le parquet. En rotation, on retrouve Lesly Bengaber (#12). Joueur estampillé ProB, l'ancien ailier du Stade Clermontois tente de se frayer un passage derrière Ricardo Greer. En 13 minutes de moyenne, ce role player inscrit 4 points de moyenne. Il est resté muet en attaque à quatre reprises.

Au rayon des satisfactions, la raquette nancéenne  fait bonne figure. Avec le shooteur Stephen Brun (#15), Jean-Luc Monschau peut s'appuyer sur une vraie pointure aux shoots  longue distance. Alternant le bon et le moins bon, il a réalisé son meilleur match la semaine passée avec 14 points (4/6 à 3 points) et 7 rebonds pour 21 d'évaluation. Autre menace extérieure, l'américain Kaniel Dickens (#7) ne sera pas de la partie. Précieux en attaque (9pts de moyenne) mais blessé aux adducteurs, il est indisponible jusqu'à la trève. Un vrai coup dur pour une équipe qui n'en a pas besoin en ce moment.

Au poste 5,  le duo Marcus Slaughter - Akin Akingbala (#5)  fait des ravages. Marcus l'ancien havrais avait flambé avec le STB (16pts, 10 rebonds de moyenne). Cette saison, même s'il manque clairement de constance, il apporte sa présence au rebond et au contre (10 pts à 68% en 18 minutes, 4 rebonds, 1 contre/match). Derrière, Akingbala, la tour de contrôle du SLUC (2,08m) fait parler son explosivité. Joueur spectaculaire, il est le meilleur dunkeur de proA (23 depuis le début de saison) et cumule 11 points, 8 rebonds pour 14 d'évaluation. Un joueur à surveiller, si d'aventure les javistes sont touchés par les fautes.

Vichy-Nancy, une confrontation qui n'a pas souvent tourné à l'avantage des thermaux ces dernières années. Mais voila, la bête noire des jaune et vert s'en est allée : Victor Samnick, toujours étincelant sur les bords de l'Allier est désormais à l'Asvel. Simple signe ou réelle indication ? Le parcours, désormais périlleux, du train rouge, en dépend.

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