La JA Vichy, saison 2009/2010

Cinquième année du blog, et toujours en ProA : « jusqu'ici, ça va ! » Du coup, on peut se prendre (un peu) au sérieux...

11 juin 2008

Salut Jimmal !

Au moment où il quitte la JAV après deux années qui resteront dans les mémoires de tous les supporters, je passe en revue quelques uns des souvenirs que je conserve de Jimmal Ball.

DSC_0217

Les lecteurs du blog savent qu'il n'est pas dans mes habitudes de m'attarder sur un individu, tant il est vrai que je préfère souligner les performances collectives. Et, sur ce plan, le moins qu'on puisse dire est que nous n'avons pas été déçus depuis deux saisons ! Mais je ne pouvais pas ne pas laisser partir Jimmal Ball sans saluer le bonhomme exceptionnel qui vient de passer deux ans avec nous. Voici donc quelques images fugaces qui me reviennent à l'esprit à son sujet.

Printemps 2002 : Arrivé en France à l'initiative de Jean-Denys Choulet, grand dénicheur de talents dont le tableau de chasse est décidément impressionnant, Jimmal Ball était LE rival. Le souvenir que je garde de mes premières impressions le concernant était qu'avec lui, la Chorale était l'un des très rares clubs de ProB à disposer d'un meneur  pouvant soutenir la comparaison avec Eliott Hatcher. Evidemment à l'époque, les vichyssois ne voulaient pas l'admettre tandis que de leur côté, les roannais n'avaient d'yeux que pour leur jeune prodige. Il n'empêche que l'année du titre de la JAV, c'est un drive au buzzer de Jimmal qui avait (un peu) gâché la fête à Vichy, la Chorale l'emportant finalement d'un (ou deux ?) point(s). Quelques semaines plus tard, la Chorale remportera les playoffs et gagnera le droit d'accompagner la JAV en ProA. La complicité de Jimmal avec Scott Forbes - pas vraiment un super basketteur mais un athlète hors normes, avec un jump exceptionnel... ! - faisait plaisir à voir, et a été immortalisée sur une photo où on le voit en pleurs sur l'épaule de son coéquipier.

4 octobre 2003 : Jimmal ayant quitté Roanne (remplacé par Romain Tillon) et la France, nous avions cessé de le voir dans le cadre des fameux derbys entre les deux frères ennemis du basket régional, avant qu'il ne revienne dans la loire lors de la saison 2003/2004. Le match d'ouverture du championnat nous offrait justement un derby à la Halle Vacheresse. Après avoir été copieusement dominée, la JAV l'avait finalement emporté, essentiellement grâce à Dwayne Morton, et le Jimmal Ball qui menait le jeu choralien ce jour là ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Par contre, j'avais remarqué combien il semblait désolé, au milieu des supporters roannais et vichyssois qui trainaient encore dans la salle une demi-heure après le coup de sifflet final, et j'avais bien noté le charisme qu'il pouvait dégager, notamment auprès des dames... C'était le première fois que je le voyais de près.

6 août 2006 : Jimmal rejoint l'« escouade thermale » comme la qualifie joliment Fabrice. Il parait que, rencontré par Jean-Louis Borg sur le camp de Columbus quelques semaines plus tôt, il lui aurait lancé : « Hey coach ! Alors, quand est-ce que je joue pour vous ?! », ce à quoi Jean-Louis lui aurait répondu : « Impossible, tu es trop cher pour nous ! ». Voilà comment ça a commencé... Finalement, Jean-Louis avait bien raison. Mais avec deux ans d'avance ! Deux ans pendant lesquels Jimmal a enchanté spectateurs et partenaires. Mais revenons à 2006 : J-C Jonon, fortement impliqué dans la composition du roster aux côtés du staff technique, voulait un capitaine emblématique (Olivier Viviès) et un « patron », rôle qu'il attribuait évidemment à un meneur aussi talentueux qu'à 22 ans mais avec un vécu qui lui permettrait de conduire la JAV jusqu'à la ProA. Et de fait, à Vichy, il sera LE joueur star d'une équipe... sans star. Il sait exactement quel est son rôle et ce qu'on attend de lui, mais il a incontestablement quelque chose de plus : cette faculté de cristalliser tout ce qu'on aime chez les américains (absence de fausse modestie, capacité d'assumer un rôle de leader, côté extraverti) tout en gommant tout ce qu'on n'aime pas (arrogance, absence de communication avec les « autres »). Jimmal devient le chouchou du public vichyssois en quelques semaines.

2 juin 2007 : Bercy. Début du quatrième quart-temps : on entre en plein dans le money time. Et voilà que l'UJAP Quimper, troisième de la saison régulière avec 13 défaites (soit huit de plus que la JAV), l'UJAP Quimper qui n'aura jamais mené une seule seconde durant la finale, l'UJAP Quimper aborde le dernier quart en marquant pour revenir à 5 points (48 - 43). Autant dire rien ! A ce moment, la JAV entrevoit que sa finale, son titre, sa montée en ProA - que personne ne mérite autant qu'elle, personne en France ne le conteste - se cabre et refait  un écart (53 - 43) avant que Jimmal ne pose sa patte sur le match. Jimmal, qui balance un missile du bord de la touche, alors qu'il est à deux mètres à peine d'Olivier Cousin, debout devant le banc adverse. Il reste 7'28", et son shoot à 3 points creuse un écart (56 - 43 !) qui oblige les bretons à un premier temps mort.  Jimmal frappe dans les mains comme un damné en direction du public alors qu'il regagne le banc... Sur la remise en jeu quimpéroise, les jaunes volent le ballon, qui échoit à Jimmal... qui envoie un nouveau tir lointain, cette fois sur la tête de Vincent Mouillard. 59 - 43 !! Quelques poignées de secondes plus tard, c'est une nouvelle perte de balle quimpéroise qui oblige Cousin à brûler un nouveau temps mort alors qu'il ne reste plus que 5'13" à jouer et que le score est de 62 à 45 pour la JAV. Désormais, tout le monde a flairé l'odeur du sang : les 2000 supporters vichyssois debout dans les travées, mais surtout... un Jimmal Ball véritablement en transe, qui harangue ses coéquipiers et que Jean-Louis Borg, bouche bée, a la clairvoyance de ne pas interrompre pendant ces quelques secondes extraordinaires. Jimmal est dans un état second, il passe devant sa gorge le tranchant de sa main dans un geste sans aucune équivoque quant aux espoirs qu'il entend laisser à ses adversaires. Exceptionnel ! J'ai la chance d'être placé juste derrière le banc et la scène me stupéfie. Au micro de Sport Plus, David Cozette et Georges Eddy n'en reviennent pas non plus !

9 février 2008 : « Jimmal Baaaaaaaaallll !! » Il avait pourtant fait un match médiocre jusque là (2 sur 10 à deux points et 1 sur 3 à trois points) mais ce panier là, marqué à 5 secondes de la fin d'une impensable demi-finale de la Semaine des As, c'est un panier que bien peu de joueurs sont capables de réussir : ces trois points qui donnent l'avantage - puis finalement la victoire - à son équipe dans une rencontre pourtant bien mal embarquée ! Ces trois points qui fait basculer notre petit groupe de supporters, massés dans la tribune opposée, dans la quatrième dimension ! Ces trois points qui font - je l'imagine - hurler des milliers de gens à Vichy assemblés devant la télé de ceux qui sont abonnés à Sport Plus ! Il peut crier lui aussi, David Cozette, à son micro : personne ne l'entend !

Avril 2008 : Zach Moss n'en peut plus ! Il chambre un maximum son copain Jimmal, alors que ce dernier revient sur le terrain sous les applaudissements du public de Pierre-Coulon. On vient d'annoncer au micro qu'il est officiellement devenu... citoyen français ! Zach se tord de rire et se moque de son camarade qu'il bouscule tout en se tenant les côtes. J'ai l'impression qu'il ne serait pas plus amusé si Jimmal entrait sur le terrain avec un béret basque sur la tête, une baguette sous le bras et un camembert dans la main. Français ?! Quelle drôle d'idée, et puis quoi encore ! Ah, sacré Zach, caincain à 150 %, lui ! Comme la majorité de ses compatriotes, tellement sûrs de leur force et de leur culture, qui n'éprouvent pas le besoin ni l'envie d'apprendre la langue d'un pays dans lequel il peuvent passer plusieurs années. [Devinette : Comment appelle t-on quelqu'un qui parle trois langues ? Trilingue. Deux langues ? Bilingue. Une seule langue ? Américain (ou anglais) !] C'est pourquoi on se sent honoré quand un américain fait l'effort de comprendre et parler notre langue. Ainsi en était-il de Geoff Lear, de Rasheed Wright ou de Jimmal Ball, qui peuvent ainsi franchir le rubicond linguistique qui nous sépare. Voilà une attitude d'ouverture qui force le respect et qui n'est pas si fréquente. Sauf pour un français, évidemment.

26 avril 2008 : Soirée organisée par la section amateurs de la JA Vichy à la salle des graves, juste après le match contre Cholet. Les pros sont évidemment les bienvenus, et viennent passer quelques instants festifs au sein de la « famille » javiste. On y verra notamment Prosper danser le Madison avec l'aisance qu'on lui connait dans cet exercice. Jimmal m'aperçoit, on se serre la main. Il me dit : « Je voulais te dire que j'apprécie beaucoup ton blog. Je profite de l'occasion pour te le dire aujourd'hui car on ne sait jamais de quoi sera fait l'avenir... » Et vlan. Et moi, qui évidemment ne m'attendais pas du tout à ça, je reste là sans savoir quoi répondre, bredouillant que je le remerciais et ça me touchait beaucoup, et tout et tout... Quoi dire ? On ne se connait pas. Comment, dans le cadre d'un tel échange, répondre autre chose que des banalités ? D'autant plus qu'à la seconde où il termine sa phrase, je comprends qu'il ne restera pas à Vichy. Je pouvais le supposer, désormais, je ne peux plus en douter.

Jimmal a donc choisi de privilégier sa carrière et ce n'est pas moi qui lui en voudrai pour ça. D'ailleurs, j'ai le sentiment que personne ne lui reproche sa décision. Après tout, il gère sa carrière avec la même lucidité que celle qu'on lui connait sur le terrain : son argument est qu'il vaut mieux qu'il parte dans une « grande » équipe plutôt qu'il reste à Vichy car même s'il accomplit une année moyenne ou passable, sa valeur financière s'en trouvera moins diminuée que s'il faisait la même saison dans un « petit » club comme Vichy. Imparable, parce pas faux.

Maintenant, je pense qu'à l'orée d'une nouvelle saison pleine de dangers, Jimmal ne laisse que de bons souvenirs, part en bons termes avec tout le monde et je ne peux pas imaginer - où qu'il aille - qu'il ne reviendra pas à Vichy nous passer un petit bonjour de temps en temps. A la prochaine !

Posté par OlivierJAV à 08:00 - JAV pros - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires

Merci pour tout

Bonne chance à toi pour la suite JB.
Tu nous manques déjà.

Posté par Isabelle, 11 juin 2008 à 14:30

On en a rêvé et... OlivierJav l'a fait ! : merci pour Jimmal !!

Posté par SACA, 11 juin 2008 à 18:42

Jimmal

Bravo Olivier pour ce résumé sur Jimmal! Il ne faut jamais oublier que Jimmal est un homme humble et de coeur. Je n'oublierais jamais son passage à Vichy signe d'ouverture d'esprit, de communication et de sagesse! Je lui souhaite tout ce qu'il y a de meilleur! From the bottom of my heart

Posté par nath, 12 juin 2008 à 07:28

Bye Bye

Il nous a enchanté durant deux saisons.

Bonne chance gentil Jimmal!!

Posté par nala, 12 juin 2008 à 21:20

Poster un commentaire