04 janvier 2009
La meilleure des réponses
Voilà. Ca fait un bon quart d'heure que le match est terminé à la Halle André Vacheresse. A la surprise générale, la Chorale de Roanne, bien qu'ayant eu plusieurs fois creusé un écart d'une dizaine de points, s'est finalement fait surprendre par un SPO Rouen très solide dans sa tête et dans son basket. Inutile de dire que c'est très clairement un résultat qui n'arrange pas les affaires de la JAV, qui était tout comme Rouen l'une des victimes désignées de cette douzième journée.
Pire encore. Apparemment, à Nancy, la JAV fait mieux que résister, comme l'attestent les scores des quarts-temps que m'envoie régulièrement José, resté à la vigie devant son ordinateur connecté sur lnb.fr. De quoi probablement aviver de terribles regrets car je me vois déjà revivre à distance un scénario à la villeurbannaise : un très bon match, courageux et volontaire, mais un match finalement perdu, énième variation autour de la chèvre de Monsieur Seguin ! Pendant ce temps, sous nos yeux, Rouen ne cède rien face à des choraliens pétris de talent mais au repli défensif suspect et dont le 8 sur 33 à trois points sera insuffisant pour dissuader les hommes de Michel Veyronnet d'abandonner leur défense de zone.
Prolongation à Nancy. Ici, le match est terminé et la majorité des spectateurs ligériens n'ont pas demandé leur reste. Mais moi, je n'en ai cure à cet instant : désormais, les SMS ne sont plus adaptés à la situation critique qui se joue à Gentilly. Je reste donc collé au téléphone avec José qui me lit en temps réel ce qu'il voit s'afficher sur son écran. A sa voix blanche, je le sens tendu comme un arc et je l'imagine livide, à l'autre bout du fil des ondes. De notre côté, nous sommes huit vichyssois restés dans les gradins et regroupés autour de mon téléphone. Mais seuls sept d'entre eux sont particulièrement attentifs au déroulement du match qui se joue à quatre cents kilomètres d'ici. Le huitième, il faut bien avouer, s'en fout un peu, du haut de ses sept mois et demi. Pourvu qu'il ait autour de lui les bras de sa maman et des visages amis pour répondre à ses sourires, le reste n'est encore qu'assez secondaire à ses yeux...
Pourtant, ce que font son papa et ses coéquipiers est héroïque ! José me commente le déroulement du match à la façon saccadée de celle du système informatique de la LNB : rien pendant une interminable minute, puis soudain deux, trois ou quatre actions de jeu qui s'affichent d'un seul coup. Depuis le début de la prolongation, on retient notre souffle. Puis cette annonce : cinq points d'avance pour la JAV ! Les statistiques nous donnent maintenant un avantage quasiment définitif... enfin en théorie. C'est cette fameuse « règle des cinq points » selon laquelle une équipe qui prendrait un tel avantage en prolongation ne perd pas ! Mais bientôt, tout est à refaire car les nancéiens reviennent à hauteur une fois encore ! Et voilà qu'on reprend un peu de distance, avec à nouveau ces fameux 5 points. Bon sang, mais c'est pas possible, on ne peut pas perdre ce match, pas maintenant ?! La toute fin du match est un supplice avec des lancers francs ratés, ces temps-morts qui n'en finissent plus et ce satané Jeff Greer qui met dedans à trois points à chaque fois. Puis soudain, José me crie enfin, dans le même souffle que la confirmation du score, les trois mots libérateurs : FIN DE PERIODE ! Un regard suffit, puis en une fraction de seconde, YESSSS !! Notre petit groupe exulte bruyamment dans les travées. Se portent alors sur nous les regards interloqués de quelques roannais qui se demandent bien ce qui nous arrive, avant de comprendre rapidement que nos attitudes jubilatoires ne concernent pas vraiment leur match perdu face au SPO Rouen.
Putain, ils l'ont fait ! Nous voilà radieux. De fortes et diverses pensées nous envahissent et je m'aperçois même que dans l'excitation, j'ai tout simplement raccroché au nez de José, que je rappelle aussitôt pour m'excuser ! On se fait détailler les statistiques, en essayant futilement d'y trouver quelque surprise ou confirmation. Evidemment, on ne peut rien comprendre par ce seul biais et il faudra qu'on appelle nos amis sur place pour en savoir davantage, connaître leur version des faits, décoder les secrets du match, flairer l'ambiance à distance...
On prend ensuite connaissance des autres résultats et bientôt on réalise que la JAV est passée tout près du scénario catastrophe : Pau-Lacq-Orthez, Le Havre, Hyères-Toulon, Rouen donc, viennent de gagner et seul - parmi nos concurrents directs - Cholet a eu le bon goût de ne pas réaliser l'exploit de gagner à l'Astroballe. Autant dire que si la JAV avait perdu à Nancy, elle aurait été sérieusement décrochée au classement. Certes, les matchs de reprise post-trève réservent habituellement des surprises, mais là... On essaie de comprendre.
La première victoire de Pau face à Dijon ? Il fallait bien que ça arrive un jour, sans compter que, bien que mal en point financièrement, l'ours béarnais de Laurent Mopsus nous refait le coup de l'an dernier en remodelant très sérieusement son effectif ces dernières semaines et en recrutant trois nouveaux joueurs : un ailier (Andre Emmett), un pivot (Dylan Page) et un meneur (JaJuan Smith), lesquels - comme par hasard - bonifient le jeu de leur équipe. Attention, les palois sont désormais une tout autre équipe que celle que la JAV a battue début novembre.
La victoire du Havre face au Mans ? On l'a déjà dit, les normands de Jean-Manuel Sousa n'occupent pas une place conforme au niveau de jeu qu'ils ont retrouvé depuis qu'ils ont recruté Marcus Slaughter. A contrario, les manceaux traversent en ce moment une période difficile avec notamment un David Bluthental devenu fantômatique et un Dewarick Spencer contre lequel le club a engagé une procédure disciplinaire susceptible de déboucher sur « une sanction allant du simple avertissement au licenciement pour faute grave ». Résultat : - 1 et + 5 d'évaluation hier soir pour les deux ailiers manceaux, dont l'avenir sarthois semble fortement compromis.
La victoire de Hyères-Toulon face à Strasbourg ? Pour reprendre une image trouvée sur un forum, « le Papa Noël est passé » dans les petits souliers d'Alain Weisz puisque - et c'est tout à l'honneur du club - ce sont pas moins de trois joueurs français qui rejoignent l'effectif varois : Cédric Ferchaud, Nouha Diakité et Maxime Zianveni. Et pour faire bonne mesure, on y ajoute l'ailier fort américain Rick Hughes. A noter que l'arrivée des deux derniers est différée pour problèmes administratifs. Une nouvelle donne s'offre néanmoins au HTV avec quatre nouveaux joueurs.
La victoire de Rouen semble être la plus méritoire de la soirée. Privés de leur maître à jouer Kevin Houston, dont la saison est terminée suite à la blessure au genou contractée lors du All Star Game, et dans l'attente de son remplaçant, les hommes de Michel Veyronnet se sont transcendés face aux choraliens en prenant le risque de leur laisser des shoots ouverts. Plusieurs fois largués au score dans une salle hostile, ils ont trouvé les ressources mentales pour tenir, revenir puis l'emporter. Bravo.
Et la victoire de la JAV dans tout ça ? Divine surprise ! Car non seulement - et moi le premier - on ne donnait pas cher de la peau des vichyssois, mais de plus, on avait bien cru discerner, comment dire, que le climat était devenu un tout petit peu moins serein autour de l'équipe ces derniers temps. Un peu une « zénitude » perdue en quelque sorte... Reste que si elle ne résoud pas grand chose sur le plan comptable, si elle ne masque pas des carences désormais clairement identifiées à certains postes, la victoire d'hier fait un bien fou au moral.
On le sait, ce qui manque à la JAV, c'est une certaine forme de talent. Ce talent qui s'achète à coups de dizaines, voire de centaines de milliers d'euros et que d'autres (voir plus haut) s'offrent sans vergogne pour rattraper une saison mal engagée. Mais, si tous nos joueurs n'ont, hélas, pas toujours ce talent individuel qui permet de terminer une action individuelle par un coup d'éclat, ils ont rassuré de la plus belle des façons ceux qui avaient pu douter de leur force morale. On ne manquera pas de noter par exemple que la défense vichyssoise a laissé le champion de France - qui était par parenthèse invaincu sur son parquet en championnat depuis le mois de mars - à seulement 66 points à l'issue du temps réglementaire, pour ne lui autoriser au final que soixante shoots en 45 minutes ! Pas mal, non ? Surtout dans un domaine ou le talent pur compte moins que le travail, l'abnégation collective et une implication sans faille dans le respect des consignes du coach.
Au final, cette superbe victoire appartient d'abord aux joueurs, et elle ne manquera pas de réjouir toutes celles et ceux qui soutiennent notre équipe. Le résultat de ce week-end ne nous rendra hélas pas la tâche plus aisée pour le derby télévisé face à la Chorale de Roanne, mais ceci est une autre histoire. Et pour l'heure, apprécions comme il se doit la plus belle carte de voeux qu'on pouvait rêver de la part de notre chère JAV !
Commentaires
Précisions sur Pau
Juste comme cela, Andre Emett n'est pas revenu après la trêve, et ne devrait pas revenir, et donc ne plus jouer pour Pau...
Il avait déjà manifester son intention de quitter Pau, avant la trêve, ce qu'avait refusé le club de Pau.









