La JA Vichy, saison 2009/2010

Cinquième année du blog, et toujours en ProA : « jusqu'ici, ça va ! » Du coup, on peut se prendre (un peu) au sérieux...

07 janvier 2009

Coach cherche job

images« Hey, faut pas rester là, monsieur, faut sortir, maintenant. » Je ne sais pas comment on le dit en russe, mais c'est le message qu'a entendu Laurent Buffard - et du coup, son acolyte Jacky Moreau - pendant la Trêve de Noël. Le coach français le mieux rétribué du marché a été coupé par Ekaterinbourg. C'est la fin d'une drôle d'aventure. Qui nous montre, une fois encore, que le métier de coach est à déconseiller aux âmes sensibles.

Je me souviens de son air réjoui lorsqu'il avait pris l'équipe, voilà deux saisons. Nous étions à la gare de Valenciennes et il annonçait ses recrues, comme s'il enfilait simplement des perles à un joli collier. Il quittait le Nord et son  statut de coach hautement respecté dans son milieu - le basket féminin - pour devenir, bien plus qu'un simple coach en exil, LE coach français le mieux rétribué. Plus que des Vincent Collet, Jean-Luc Monschau, Jean-Denys Choulet ou... Jean-Louis Borg, bien sûr. Ekaterinbourg lui promettait des montagnes de dollars et c'est en limousine qu'ils ont été accueillis dans la glaciale Sibérie, son assistant et lui. Chaque fois que je l'ai revu, depuis son départ en Russie, il affichait cette mine des gens à qui tout réussit, sûrs d'eux, pour qui le doute semble n'avoir de sens qu'accolé à "aucun". Un petit coup de fil parfois, et il m'apprenait qu'il avait eu en renfort une Deanna Nolan ou que Candace Parker viendrait étoffer un effectif déjà blindé. Il le disait de façon naturelle et de façon sereine, comme si la pression inouïe que les sponsors russes exercent ne le concernait pas. La saison passée, malgré une fin en eau de boudin, Laurent Buffard avait été reconduit. Nouveau petit coup de fil, il m'avait annoncé qu'il avait même signé une extension de contrat.

Leader de son groupe, Ekaterinbourg restait en course pour le Final Four de l'Euroleague et le trio n'avait a priori aucune raison de s'inquiéter lorsqu'il a rejoint la France pour les fêtes de fin d'année. Le 14 décembre,  le CSKA - club d'Edwige Lawson et Ilona Korstine, rescapé après avoir déclaré forfait - battait Ekaterinbourg assez lourdement (73-50). Et son coach, Gundars Vetra - jamais vu un coach hurler à ce point ! - a alors été sollicité par les employeurs de Buffard. Ce qui devait arriver arriva : le 27 décembre, Laurent Buffard a appris qu'il n'était plus coach d'Ekaterinbourg, après un an et demi d'exercice dans un luxe inouï et alors que les résultats étaient loin d'être déshonorants. Pour le coach, chez qui on a toujours senti la fierté d'avoir construit seul sa réussite, lui qui avait plutôt galéré chez les garçons auparavant - à Cholet et Toulouse - c'est une véritable page qui se tourne. Le revoilà dans le circuit, dans ce drôle d'univers de chaises musicales où les coaches attendent qu'un de leur petit collègue fasse la boulette de trop.

D'ailleurs, dans l'histoire, cela a fait un heureux : Igor Groudine, qui revient aux affaires au... CSKA, lui qui en avait été évincé. Et puis, que Laurent Buffard ne regrette rien: son renfort de choc, Candace Parker, qui devait arriver en janvier, ne viendra pas : la jeune star américaine attend son premier enfant. On se console comme on peut, pas vrai ?

Posté par lamouette44 à 22:52 - Basket en général - Commentaires [0] - Permalien [#]



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