16 janvier 2009
Journée 14 : La solution offensive
« Trois alternatives s'offrent à vous : la sécuritaire, l'équilibrée ou l'offensive. Laquelle choisissez-vous ? » « Offensive ! Je choisis la solution offensive ! Je prends l'offensive, j'ai mis du temps à me décider mais ça y est, je prends l'offensive ! » Cette scène, tirée du film Podium, pourrait très bien être jouée par le coach du BCM tellement elle colle au style de jeu pratiqué par Christian Monschau et ses hommes. Capable de jolis cartons les saisons passées avec Le Havre, il reproduit ce même schéma de jeu avec les nordistes .
Battre Gravelines chez eux ? Facile, quand on a mis à terre les deux derniers champions ! Attention à l'excès d'euphorie car même si Basket News gratifie la JAV du titre d'équipe la plus en forme du moment, Gravelines reste une des grosses écuries de ProA. Finaliste du Championnat en 2004 contre Pau (oui c'était l'époque où Pau-Orthez...) et vainqueur de la Coupe de France la saison suivante, Gravelines semble s'éssouffler depuis quelques années. Au sortir du dernier exercice terminé à une inconfortable 14ème place (11v 19d), les dirigeants du BCM ont jeté leur dévolu sur Christian Monschau. Magicien, illusionniste, l'ancien technicien havrais passé par Strasbourg et Châlons s'est bâti une solide réputation en réalisant des prouesses avec trois fois rien. Sa recette miracle ? L'attaque, pardi !
Avec un budget en forte baisse (3,77 M€ tout de même), les Gravelinois ne font plus partie des « riches » de la LNB. Qu'à cela ne tienne, « Kiki » Monschau n'est pas coach de l'année 2008 pour rien. Ce maitre des coups de poker réussis va encore une fois en étonner plus d'un en allant puiser dans le réservoir des championnats hexagonaux. Les résultats ne tardent pas, et dès la première journée, Gravelines inflige une leçon, claque, humiliation historique à la JDA Dijon : 116 à 65. Cette saison, le BCM n'est passé qu'à deux reprises sous la barre des 70 points inscrits (54 à Cholet et 64 à Toulon), de quoi en faire la deuxième attaque du championnat avec 82,7 points par match (contre 68 points pour Vichy) avec en prime un joli 50,6% de réussite aux tirs. L'équipe ch'tite de ProA est actuellement 3ème ex-aequo avec 9 succès pour 4 revers. Ces déconvenues ont eu lieu à Nancy, Cholet et contre Strasbourg la semaine dernière. Devant leur bouillonnant public du Sportica, les maritimes sont quasi intraitables avec un seul raté, c'était lors de la 9ème journée face à la Chorale de Roanne.
Pirates des parqCairaïbes
Hé oui, en ce début d'année 2009, la tête de mort est de retour sur le pavillon du navire LNB. Si les irréductibles gravelinois ne cessent d'applaudir, les équipes qui voyagent dans le 59 jouent avec la peur de se faire détrousser par ces flibustiers des temps modernes. Rashaun Freeman (#7) est un peu le leader spirituel de cette dangereuse mouvance terroriste. Intronisé à seulement deux reprises dans le cinq de départ, il est le meilleur 6ème homme de ProA (meilleure évaluation par minute 0,80 point d'évaluation/minute). Avec un temps de jeu riquiqui (19 minutes), cet intérieur massif rentabilise tous les ballons qu'il touche avec un exceptionnel 73,80% de réussite aux shoots. MVP de ProB l'an passé avec Nantes, il confirme son potentiel à l'étage supérieur. Il cumule 12 points et 5 rebonds pour 15 d'évaluation. Mais diable, pourquoi ne joue-t-il pas plus ?
A la mène, Christian Monschau a été séduit par l'ancien Stadiste Tony Skinn (#13). Seul élément à émerger dans le désastre clermontois, il reproduit avec aisance les qualités entre-aperçues l'an passé. Cette ancienne vedette de NCAA et récent vainqueur du concours des meneurs au All Star Game 2008 affiche une feuille de stats bien remplie : 16 points, 2 interceptions, 3 rebonds, 4 passes en 28 minutes mais 3 balles perdues ce qui explique en partie le « petit » 14 d'évaluation. En rotation, Loïc Akono (#6) remplit à 21 ans son rôle de gestionnaire avec 3 points et 2 passes en 12 minutes.
A l'arrière, Yannick Bokolo (#10) s'est enfin décidé à quitter la Sarthe et le MSB. Cette saison, il a fait ses valises pour le Nord et son rendement a lui aussi nettement grimpé (12 points, 4 rebonds, 2 passes pour 12 d'évaluation contre 5 points et 6 d'évaluation sous les couleurs du Mans). Titulaire à tous les matchs, il est l'une des pierres angulaires de l'effectif. Dans un registre plus extérieur, le français naturalisé Tony Stanley (#12) est le joueur le plus utilisé de l'équipe (34 minutes / match). Ce pur shooteur (8 tirs à 3pts tentés par match) a connu une bonne première partie de saison avec des statistiques assez honorables : 14 points, 4 rebonds et 3 passes décisives.
L'anglais met les voiles
A l'aile, le BCM tenait un perle rare avec Nick George. Auteur de copies intéressantes : 6 points 2 rebonds et 14 sur 24 derrière l'arc, mais frustré de son temps de jeu (14minutes et aucune titularisation), l'anglais a préféré se faire la malle en Italie. Son remplaçant : Russell Carter (#8) ne connait pas la même réussite, loin de là. En deux matchs et 17 minutes, il n'a pas marqué le moindre point...
Au poste 4, Cyril Akpomedah (#11) retrouve la lumière et la réussite après être tombé dans un quasi-anonymat à Paris. Il est le deuxième meilleur contreur du championnat avec 1,85 blocks par match (juste devant Dounia Issa). Il apporte 9 points et 6 rebonds pour une évaluation de 14 en 29 minutes. Pour assurer la rotation, Christian Monschau a glissé dans ses bagages le très solide J-K Edwards (#4). Doté d'excellents fondamentaux, il a rendement assez régulier avec 6 points 5 rebonds en 22 minutes (avec un pic à 17 points et 21 d'éval contre Pau).
En pivot, le BCM compte sur la polyvalence de Dan McClintock (#14). Du haut de ses 212 cm, il est (sur le papier) le seul point d'ancrage de l'effectif. Titulaire à 11 reprises, il ne passe que 13 minutes en moyenne sur le parquet pour un maigre 6 points et 2 rebonds. Un bilan bien loin de ses prestations antérieures au Sluc Nancy. Le roster nordiste est enrichi des jeunes Jonathan Rousselle (#5), Maxime Courby (#15) et du dunkeur virevoltant Max Kougère (#9).
Pour reprendre un proverbe grec (trouvé sur Evene) « Celui qui pille avec un petit vaisseau se nomme pirate, celui qui pille avec un grand navire s'appelle conquérant ». Souvent, en basket, la taille du bateau ne se mesure pas à l'épaisseur du carnet de chèque mais à la dimension du coeur collectif. Une valeur qui sera sans doute de mise chez une équipe enfin complète avec le grand retour du « coyote » William Gradit.










