23 janvier 2009
Journée 15 : Encore eux!
Après la Coupe de France mardi, le championnat reprend ses droits ce week-end mais l'adversaire reste inchangé. Jouer Rouen deux fois en une semaine, la JAV l'avait déjà fait il y a un peu moins de deux ans. Un brin de nostalgie vous habite ? Jetez donc un oeil ici ou là, c'est terriblement revivifiant ! Si le duel ne revêt pas le doux parfum des playoffs, l'enjeu reste capital pour deux « petits » clubs aux ambitions mesurées et aux budgets serrés. Rounnnnnnnnnnd two !
95-83, c'est le score du match de mardi. 83 points encaissés par Vichy ? Ce n'était plus arrivé depuis la première journée de cette saison contre Chalon (83-77). La défense vichyssoise ne s'est pas évaporée d'un seul coup et l'absence de Zach Moss n'est pas la seule explication à l'opération portes ouvertes décrétée par les javistes. Alors, à qui la faute ? Elle appartient sans doute aux stratèges des deux équipes, Jean Louis Borg et Michel Veyronnet. A la salle des Cotonniers, les techniciens se sont livrés à une partie de cache-cache « mes systèmes », allant même jusqu'à prolonger le plaisir jusqu'en prolongation, le tout en vue du Vrai match, celui de samedi. A mi parcours, Rouen est le meilleur promu de la cuvée 2008-2009 avec 6 victoires pour 8 défaites (contre 5v 9d pour Besançon). C'est presque le paradis en normandie en comparaison au chemin de croix de la saison 2005, la première expérience du SPO en Pro A : le club avait dû attendre la quatorzième journée pour décrocher son premier succès.
Les rouennais ont appris de ce calvaire, et débarquent dans l'élite avec la ferme intention d'y rester. A la tête du Spes Philippin Omnisports (Le SPO c'est plus simple...) depuis 1996 et coach de l'année la saison passée en ProB, Michel Veyronnet a concocté un effectif où la solidarité est la vertu principale. Sur le papier, pas de noms ronflants et des joueurs estampillés « proB » mais la vérité, et c'est bien connu, est souvent celle du terrain. Dès le premier match, les hommes floqués Kinder frôlent la surprise (désolé...) et accrochent Le Mans en ne perdant que d'un petit point. Les bleu et blanc, qui continuent sur leur lancée, s'inclinent de 2 points contre l'ASVEL et glanent des victoires prestigieuses face à Nancy, Le Havre et à Roanne. Dernier exploit en date : la semaine dernière face à la SIG (95-83). Le qualificatif qui revient le plus souvent pour expliquer le parcours des normands est « accrocheurs ». Un terme que les javistes ont souvent entendu la saison passée et qui accompagne souvent le destin des petits poucets qui réussissent. Mais l'accroche ne suffit pas sans une once de talent !
Bueno, Maxi, Country, Pingui et Schoko Bons...
Non,ce ne sont pas les surnoms des joueurs du SPO. Même si la marque chocolatée s'affiche en gros sur le nouveau logo du club, le marketing sportif ne déborde pas (encore) jusque là. Pourtant, s'il y avait un joueur qui mériterait d'être affublé de ces sobriquets ce serait bien Cheikou Thioune (#8), sans hésitation. C'est la vrai surprise de l'année. En plus d'être actuellement le meilleur marqueur de l'équipe avec 14 points de moyenne, l'allier franco-sénégalais se permet de grimper à la 4ème place des meilleurs français à l'évaluation (16). Le tout en agrémentant sa feuille de stats de 6 rebonds (dont 3 offensifs) et d'un pourcentage de réussite aux tirs exceptionnel pour un joueur de son poste (59,85% en général et 64% à deux points). Mais tout n'est pas si rose aux pays des sucreries...
Le SPO Rouen avait, avec Kevin Houston dans ses rangs, un des meilleurs meneurs de pro A. Sélectionné au All Star Game de Bercy, il s'est blessé au genou durant le match. Résultat : rupture des ligaments croisés et plusieurs mois d'indisponibilité. Pour pallier cette absence, le promu a fait appel à un jeune américain de 22 ans : Derrick Low(#18). Titulaire lors de la victoire contre Strasbourg, il a livré une belle prestation : 18 points,6 rebonds, 10 passes mais 4 balles perdues. Le natif d'Hawaii a confirmé ce joli potentiel mardi avec 22 points (5/7 à 3pts) et 11 passes. En rotation, Mickael Toti (#4) ne brille pas mais assure l'essentiel : 2 points en 9 minutes de moyenne.
Au poste 2, la place de titulaire est réservée au sérial shooteur Ronald Dorsey (#5). En moyenne, il pèse 13 points en 31 minutes et 2 interceptions par match. Son péché mignon ? Il se laisse très (trop?) souvent tenter par des tirs longue distance. En témoignent un 29 sur 95 depuis le début de saison et un vilain 1/10 mardi en CdF. En back-up, les rouennais peuvent compter sur la clairvoyance du marocain Mohamed Hachad (#10). Passé par Saint-Etienne, cet ailier très rentable compile 7 points et 3 rebonds en 18 minutes.
Compacts contacts
Dans la raquette rouennaise, on retrouve des habitués des championnats français et une petite pointe d'exotisme. Cette touche originale, c'est Michel Nascimiento (#7). Avec un nom de conquistador ibérique, ce géant brésilien(208cm) a véritablement séduit le public normand. Contribuant au scoring (10 points) et efficace aux rebonds (6 prises), le baroudeur sud américain est une des bonnes pioches de l'intersaison. Au poste 4, Benoit Toffin (#14) va redécouvrir le Palais des Sports Pierre Coulon. Lors de sa dernière visite (3ème match de la demi-finale 2007) il déclarait « Vichy [est] injouable chez-eux ». Cette fois, on lui fait confiance pour faire déjouer la JAV, même si son apport statistique reste limité (4 points, 3 rebonds en 16 minutes pour 6 d'évaluation en championnat et 13 points à 6/7 mardi en CdF).
Toujours en allier-fort, mais dans un registre plus axé sur le shoot, Darnell Williams (#6) est un des tauliers de la maison. Blessé durant une bonne partie du début de saison (remplacé par Sebastian Hermenier), il ne compte que 6 matchs à son actif pour un rendement en demi-teinte : 6 points, 4 rebonds et 2 passes de moyenne en 23 minutes. Au poste 5, c'est un autre ancien de ProB qui découvre la Pro A : John McClark (#13). Déjà vu à Aix-Maurienne, cet intérieur massif et mastoc cumule 7 points 6 rebonds en 20 minutes pour une évaluation moyenne de 9.
L'effectif est complété par les jeunes William Meyila (#15) et Elliott Saint-Gilles (#11) qui n'ont pas encore mis un orteil sur les parquets de ProA cette saison.
« real deal » vs « silver surfer »
Du côté des statistiques, on peut remarquer quelques similitudes entre les combattants du samedi soir. Ainsi, Rouen est la deuxième « pire » équipe à trois points devant Vichy (30,36%), et au niveau du ratio balles perdues/ interceptions, les deux adversaires du week-end sont dans la même moyenne avec un léger avantage pour Vichy. En revanche, la JAV truste les première places dans le secteur des contres (3,64 pour Vichy contre un maigre 1,57/match pour le SPO) et dans le rayon des rebonds offensifs (première place pour les javistes avec 13 « captations » et 3ème marche pour Rouen avec 12,4 prises).
Les Dounia « real Deal » Issa et autre Kareem « Big Game » Reid vont-ils triompher du nouveau phénomène au collier à fleur : Derrick « Silver Sufer » Low et de son compère « Iron » John McClark ? Round 2 : Place au combat et surtout, évitez le Knock Out !












