27 janvier 2009
Les jambes coupées
Le SPO Rouen a perdu un match qu'il a pourtant dominé samedi soir à Vichy (73-68), essentiellement en raison d'une flagrante faiblesse au rebond défensif.
La pastille était dure à avaler samedi soir dans les entrailles du palais des sports Pierre-Coulon de Vichy. Les Rouennais ruminaient un échec (73-68) pour le moins inattendu car, en dépit d'un départ poussif (11-4, 5e), ils ont eu la main sur la partie l'essentiel du temps comme l'indiquent quelques scores intermédiaires (26-39, 20e ; 49-56, 31e ; 61-66, 38e). « Globalement, nous avons fait un bon match sur le plan tactique, estime l'entraîneur Michel Veyronnet. Il ne faut pas nous mettre la tête à l'envers. Quand le score est serré, on sait qu'il est dur de résister psychologiquement ici. »
A 1'38'' de la sonnerie finale, Nascimento a encore accordé un avantage aux siens (66-68), sans se douter qu'il s'agissait de leur dernier panier de la soirée. Portés par un public comme il n'en existe peu d'autres en France, les Auvergnats ont terminé en boulet de canon sur un 7-0, en partie grâce à Moss, à peine rétabli d'une lésion aux adducteurs mais néanmoins moteur de son équipe (22 d'évaluation). Pas vraiment au niveau du scoring (10 points à 5/13). En revanche, l'intérieur américain a survolé le rebond avec 18 prises, presque autant que l'ensemble des Rouennais (23 seulement dont 1 seule offensive).
Dubosc pointe un manque de volonté
« L'une des dernières actions du match (à 71-68) est significative, se désole Veyronnet. Moss, seul au milieu de nos cinq joueurs, va chercher le rebond sur le deuxième lancer franc raté de Reid… Nous n'avons hélas pas su faire les efforts nécessaires… » Son adjoint David Dubosc est aussi sévère à l'égard de l'équipe qui a aspiré moitié moins de ballons dans les airs que son adversaire (47), pourtant privé de Dounia Issa, son rebondeur n° 1 (9 de moyenne) cloué au lit par une gastro-entérite. « Nous n'avons pas manifesté la petite volonté pour aller arracher cette putain de balle, que ce soit par terre ou sur des ballons longs… Quand il y a 5 ou 6 rebonds d'écart, on peut parler de mauvais placements ou de manque de chance. Avec autant de différence, on ne peut pas évoquer cette excuse. »
En ne contrôlant pas leur espace aérien, les Rouennais ont offert aux Vichyssois l'opportunité d'inscrire 19 points sur leur deuxième chance, la plupart dans la peinture où les grands pinceaux de l'ex-Rouennais Soliman ont aussi fait des ravages (8 points et 10 rebonds dont 6 offensifs). « Il livre son meilleur match de la saison contre nous, déplore Dubosc, pour montrer à son coach de quoi il est capable… »
Ce revers concédé chez un concurrent direct pour le maintien est d'autant plus rageant que les Rouennais ont manifesté leur plus haute adresse de la saison en déplacement (50 % contre 49,2 % lors de leur victoire à Roanne au début du mois). Cependant, ce pourcentage doit être pondéré par leur très faible nombre de shoots (52) alors que Vichy canardait à tout va (27/70 soit 39 %), en pure perte ou presque derrière la zone rouennaise (6/30 à trois points). « Cette défense a plutôt bien marché, convient Michel Veyronnet. Elle n'a hélas pas été récompensée. »
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A VICHY, ALAIN GESLIN
JAV - Rouen (24/01/2009)
Quel match ! Et en plus, Michel a multiplié les angles de prise de vue cette fois : à gauche, à droite, en haut, en bas...














































