30 janvier 2009
« J'ai perdu confiance en moi »
William Gradit a le moral en berne. Quatre matches de suspension, une place de titulaire qui s'est évaporée : l'ailier vichyssois traverse une saison bien morose. A l'heure de retrouver sa ville natale, le « Coyote » s'en ouvre, sans détours, ni langue de bois.
- Après les quatre défaites du début de saison, le club a coupé Shaun Fountain et engagé Kareem Reid. En quoi votre nouveau meneur a-t-il contribué à changer la donne ?
- C'est une question de caractère et d'assurance. On avait besoin d'un meneur avec une personnalité plus forte, plus affirmée. Si tu confies ce poste à une crevette, elle va se faire manger. Kareem a plus de bouteille et, surtout, c'est un mec qui n'a pas peur. Et ça, ça correspond plus à notre mentalité...
« Largué en défense »
- En 2009, votre équipe a battu Nancy, puis Roanne et n'est pas passé loin d'un joli coup à Gravelines. Ce doit être plutôt agréable de retrouver ce genre de sensations après le retard à l'allumage que vous avez connu ?
- C'est sûr. On essaie de sortir la tête de l'eau. Ça nous rassure de taper de grosses équipes, on voit qu'on arrive à faire de belles choses contre les gros. Mais on n'est pas à l'abri d'un faux pas. Contre Rouen (victoire 73-68 samedi dernier, ndlr), on a peiné. Peut-être qu'on réagit mal à la pression et qu'on joue plus libéré quand on n'a rien à perdre...
- En décembre, vous vous étiez inclinés à domicile contre Besançon et Le Havre, deux défaites qui auraient pu être lourdes de conséquences. La trêve a-t-elle permis de recadrer certaines choses, aux joueurs de se parler ?
- On s'est tous remis en question et ça a discuté. Mais cette discussion aurait peut-être dû intervenir plus tôt... (Il marque un temps d'arrêt). C'est qu'il y a eu des choses pas très correctes qui ont été dites sur des mecs qui ont aidé à hisser le club en Pro A... Je fais quand même partie de ceux qui ont fait parler de Vichy. Avant, on ne connaissait cette ville que pour ses pastilles et ses eaux thermales !
- Précisément, lorsque la JAV était au creux de la vague, certains commentaires n'ont pas manqué d'égratigner ses internationaux français, vous le premier. On a parlé de joueurs sur-cotés. Comment avez-vous accueilli ces critiques ?
- Même si j'ai été fier de porter le maillot de l'équipe de France, je n'ai jamais demandé à y aller. Peut-être en tout cas qu'on attendait plus de moi après ça, peut-être aussi que j'ai laissé un peu de gomme avec les Bleus. A l'automne, ça allait encore, je faisais de bonnes stats en Fiba. Mais je ne vais pas me mentir. Je ne fais pas une saison extraordinaire. Je suis hors de forme, je ne mets pas mes shoots et en défense, mon point fort habituellement, je suis largué. J'ai perdu confiance en moi. Peut-être que si je n'avais pas dérapé à Pau, ma saison aurait été différente... A présent, j'essaie de faire ce qu'il faut pour sortir du trou.
- Vous évoquez les échauffourées de Pau. Comment avez-vous vécu la sanction de quatre matches de suspension (deux fermes et deux avec sursis) qui vous a été infligée ?
- La sanction est trop lourde ! Je suis juste rentré sur le terrain pour défendre mon meneur qui mesure 1,75 m contre un mec qui fait plus de deux mètres (le Palois Fernando Raposo, ndlr) et après, c'est parti en furie totale. On a même retenu la destruction de matériel, tout ça parce que celui qui m'a ceinturé m'a fait tomber sur ce soi-disant matériel. C'est n'importe quoi. Pour te dire, le mec qui m'a auditionné à la Ligue ne savait même pas si j'étais Raposo ou Gradit ! Il doit regarder des matches tous les dix ans seulement...
« Comme si je ne faisais plus partie de la famille »
- Un ressort s'est-il cassé après cette affaire ?
- J'ai eu le soutien de mon coach, mais dans mon dos, certains m'ont allumé. L'équipe s'est aussi mise à gagner sans moi et je me suis posé encore plus de questions. Et aujourd'hui, alors que j'ai été un des piliers du club l'an dernier, je me retrouve dans une phase où je dois me réintégrer au sein de cette équipe. C'est un peu comme si je ne faisais plus partie de la famille, que ses membres avaient fait leur vie sans moi. Mais bon, je ne vais pas me laisser faire.









