31 janvier 2009
Il en manque toujours un !
Décidément, il est bien difficile pour la JAV d'aligner un effectif complet ces derniers temps : après les deux nouveaux matchs de suspension infligés à William Gradit (à Nancy et contre Roanne), après la blessure de Zach Moss (à Gravelines), après la gastro-entérite de Dounia Issa (contre Rouen)... c'est au tour de Kareem Reid d'être absent, ce soir à Strasbourg. La raison ? Il est suspendu, suite au rapport établi à l'issue du match perdu face à Besançon par M. Maestre, l'un des arbitres de cette pénible soirée. Ce dernier aurait en effet clairement identifié Kareem Reid comme étant l'auteur d'insultes destinées au corps arbitral dans le couloir menant aux vestiaires après la rencontre. Le couperet est tombé en fin de semaine : un match de suspension.
Evidemment, la nouvelle n'a pas été ébruitée pour ne pas donner l'occasion à Fred Sarre de modifier ses tactiques en fonction de cette nouvelle donne... Il n'empêche que c'est une adversité supplémentaire dont la JAV n'avait pas vraiment besoin.
Journée 16 : The sound of revenge
Comment ça le « bruit de la vengeance » ? C'est le titre du premier album du rappeur américain Chamillionaire, et il se trouve que sur ce premier chapitre des matchs retour, plane comme un doux parfum de revanche. Si l'association d'un compact-disc poético-grossier et d'un match de basket de « saison régulière » peut paraitre saugrenue, le sort de la rencontre pourrait bien décider de la suite de la saison des deux équipes. La lumière de la première moitié de tableau pour le vainqueur le côté obscur et le spectre de la relégation pour le perdant. L'heure de la vengeance du capitaine Haddock a sonné !
A Strasbourg, il n'y a pas de lama, même pas de Serge (Lama. Après vérification, il est bordelais) et le Dalaï n'a pas le temps de s'occuper du basket. Qu'à cela ne tienne, les Sigmen doivent s'attendre à une sorte de retour à l'envoyeur. Peut être pas d'un jet d'eau craché au visage mais l'envie de retourner la politesse, enfin plutôt l'humiliation. Deuxième journée de championnat, première apparition des jaune et vert à Pierre Coulon, l'affluence n'est pas exceptionnelle et l'ambiance indigne d'un début de saison. Tous les ingrédients sont réunis pour un match sans grande saveur. Mais le spectacle fut carrement indigeste : 47-73. (Evaluation : 28 à 95) «Ils sont venus nous botter les fesses, on a une revanche à prendre » dixit David Mélody (ici).
Besoin d'un peu plus de motivation ? Les strasbourgeois sont des méchants ! Bzzzttt paf clac : la VHS se recale sur la fin de saison 2004-2005, le maintien est toujours possible mais il faut impérativement gagner au Rhénus. Portée par un Ime Udoka de folie (pléonasme), la JAV croit à la victoire et à un hypothétique maintien, mais c'était sans compter le sang froid de ce diable de John McCord dans les derniers instants qui crucifiait la JAV en convertissant tous ses lancers-franc. Le bourreau anglais est parti bronzer à Antibes, mais les larmes javistes ne se sont jamais vraiment effacées du parquet alsacien.
SIGnature, Sigogne ou Sigares ?
Avec Strasbourg on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, tant ce club est un peu une personnification de l'irrégularité. Cette forme de sigiennitude peut aller d'une relégation avortée en 2003 (la pro A passe à 18 l'année suivante) à un superbe titre de champion en 2005, en passant par une quatrième place en 2007 pour arriver à une peu flatteuse douzième position l'an passé (12v 18d). Cette saison, Strasbourg ne sait pas encore sur quel pied danser. Battu par tous les poids lourds (Roanne, Le Mans, Orléans, Asvel) à l'exception de Gravelines et du voisin Nancy (93-78), la SIG a connu les joies de la victoire contre des adversaires en théorie plus abordables (Vichy, Dijon, Cholet, Le Havre, Pau). Plus étonnant, les Alsaciens se sont fait surprendre face aux deux promus (Rouen et Besançon) ainsi que face au HTV. Avec 7 succés pour autant de défaites, l'équipe de Frédéric Sarre n'est pas encore assurée de participer à la semaine des As. Suite à l'imbroglio de la 15ème journée, il faudra attendre ce mardi 3 Février, date du match à rejouer pour savoir qui de Strasbourg ou Chalon sera le dernier participant aux As. Pas vraiment excellent à l'extérieur (3v,4d), loin d'être intraitable à domicile (4v, 3d), il est difficile de pronostiquer le visage qu'affichera la SIG ce samedi.
« C'est Rush Hour! »
C'était l'accroche de l'Equipe au lendemain de la victoire roannaise à Bamberg en Euroleague le 25 Octobre 2007. On lui prédisait alors un parcours à la Dewarick Spencer : MVP du all-star game, MVP de la saison régulière... Mais Brion Rush (#4) est un peu resté dans l'ombre de Marc Salyers et c'est à l'Est qu'il s'en est allé trouver refuge. Cette saison, il explose littéralement les compteurs dès les premiers matchs : 30pts,26pts,22pts,20pts,29pts. Après un petit passage à vide en Novembre, il retrouve le chemin du panier fin 2008 et début 2009. All Star en Décembre, il traine pourtant une réputation de « bouffeur de feuille » et a même été recompensé du titre peu flatteur de plus gros croqueur de ProA par Basketnews. Si c'est évident qu'il mange du ballon, ce petit arrière n'oublie pas pour autant d'être efficace. Il est pour le moment le 2ème scoreur de ProA derrière le toulonnais Nichols et ses stats sont assez impressionnantes : 22pts, 5rebonds, 3 passes. Derrière ce facteur X tourbillonnant, la sagesse est de mise.
A la mène, comme dans de nombreuses écuries de proA, le coach a misé sur la « french-touch ». Deux meneurs sans fioritures dans la plus pure tradition du gestionnaire. Les clés de la maison rouge sont confiées à Steeve Essart (#7). Passé avec Frédéric Sarre par Bourg et Gravelines, il reste fidèle à son entraineur fétiche une saison de plus. Son rendement n'est pas exceptionnel mais reste honnête pour un joueur au profil relativement défensif (6 pts, 2 rebonds, 1 interception et 3 passes en 26 minutes). L'ancien clermontois Gauthier Darrigand (#5) est le parfait complément de « Speedy » Steeve avec 14 minutes de présence sur le parquet pour 4 points et 2 passes.
Sur les ailes, c'est 100% born in the USA. En poste 2/3, John Allen (#9) assure 10 points, 3 passes, 4 rebonds en 26 minutes. Présenté comme un shooteur fiable, il est sur cette première partie de saison complètement irrégulier et a dernièrement perdu sa place au sein du 5 majeur. Derrick Obasohan (#13) est né aux Etats Unis mais porte les couleurs du Nigéria. Avec un moyenne de 14 points en 22 minutes, il apparait comme le joueur en forme du moment. Titulaire lors des 4 derniers matchs, cet allier polyvalent peut être, avec Brion Rush, l'homme du renouveau strasbourgeois.
A cheval sur les postes 3 et 4, c'est l'international Sacha Giffa (#) qui tient la baraque. Moins efficace que l'année passée (7 points en 29 minutes contre 9 points en 26 minutes), le vétéran de la SIG reste une des pièces maitresses du dispositif. Dans la catégorie jeune talent qui peine à éclore Elson Mendy (#6) pourrait être oscarisé. A 23 ans, ce pur produit du club n'arrive pas a gagner du temps de jeu et son apport reste limité. Neuf matchs disputés et 3 points/8 minutes de moyenne. Dans la peinture, la densité est de mise : David Simon (#14) et Rob Lewin (#15) sont les deux garants de la défense alsacienne. Le premier, aperçu l'an passé à Dijon, rend une copie plus que convenable : 12 points, 5 rebonds 1 contre et une interception en 24 minutes. Il est le 6ème meilleur contreur de ProA et le 4ème plus gros dunkeur. Son compère Rob, jamaïcain et meilleur rebondeur de ProA avec Reims il y a deux saisons, cumule un joli 6 points et 6 rebonds en 21 minutes. C'est le 2ème rebondeur à la minute du championnat !
L'équipe est complétée par les jeunes espoirs Dominique Gentil (#17), David Weber (#19) et Issife Soumahoro (#18).
Pour comparer les deux équipes sur le plan statistique, il suffit de mettre l'accent sur la différence au niveau de l'attaque : 82 points inscrits par la SIG contre 67 pour la JAV. Derrière ce fossé quasi-abyssal, se cache la densité défensive des deux clubs. La solution alsacienne passe évidement par une attaque au beau fixe : 89 points inscrits en cas de victoire contre « seulement » 75 en cas de défaite. Clairement, la faiblesse Strasbourgeoise se situe au niveau de la raquette où, comme ce fut le cas contre Roanne, seuls deux éléments contrôlent les vélléités offensive de l'adversaire. C'est là que Vichy devra appuyer pour faire flancher les habitants du Rhénus. L'autre clé du match se situe au niveau de l'adresse longue distance des javistes où un regain de réussite de William Gradit pour son retour aux sources serait le bienvenu.
Massive Attack contre Chamillionaire, entre électro et rap hardcore le duel promet d'être épicé et acoustique. A moins que le Capitaine Haddock paré de jaune douche directement les intentions offensives des locaux...









